Présidentielle américaine: Le camp Obama tente d'associer Romney à la controverse sur le viol

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Publié le 23 août 2012.

MONDE - Les démocrates veulent démontrer qu'ils sont meilleurs en défense des femmes...

Dans une campagne présidentielle, tous les moyens sont bons pour gagner des voix. Le camp démocrate de Barack Obama, décidé à pousser son avantage sur ses adversaires en matière de défense des droits des femmes, tente ainsi d'associer le républicain Mitt Romney à la controverse née de propos d'un élu conservateur sur le «viol véritable».

Mercredi, au troisième jour de cette polémique qui a fait passer au second plan d'autres aspects de la campagne en vue de la présidentielle du 6 novembre, en particulier l'économie, les démocrates ont dévoilé les noms de femmes qui prendront la parole lors de leur convention nationale début septembre.

Le symbole Sandra Fluke

Parmi elles, un symbole: Sandra Fluke, une étudiante qui s'est retrouvée en première ligne de la «guerre contre les femmes» que des démocrates accusent les républicains de mener. En février, l'animateur de radio ultra-conservateur Rush Limbaugh l'a traitée de «salope» à l'antenne pour avoir tenté de témoigner en faveur du remboursement de la contraception devant une commission du Congrès. L'étudiante, à qui Barack Obama avait manifesté son soutien, a refait surface mardi en établissant un lien entre les propos de l'élu du Missouri (centre) Todd Akin et les positions défendues par Mitt Romney et son colistier Paul Ryan.

Todd Akin a provoqué un tollé en affirmant qu'une femme victime d'un «véritable viol» tombait rarement enceinte. Mitt Romney et Paul Ryan l'ont appelé à renoncer à sa candidature au Sénat, mais l'élu fait la sourde oreille, et ce sujet risque de parasiter la convention républicaine qui s'ouvre lundi à Tampa en Floride (sud-est). Sandra Fluke, dans un message diffusé par l'équipe Obama, a estimé que «Mitt Romney et Paul Ryan ont essayé de prendre leurs distances vis-à-vis des déclarations (de Todd Akin) mais le fait est qu'ils sont cohérents avec Akin sur les grandes questions concernant la santé des femmes aujourd'hui».

«Cette controverse n'est pas un accident, ou une erreur, ou un incident isolé»

«Cette controverse n'est pas un accident, ou une erreur, ou un incident isolé. Cela reflète un parti républicain dont les politiques sont dangereuses pour les femmes», a insisté Sandra Fluke, un argument qui prend tout son poids quand on sait que 53% des électeurs américains sont des femmes et que 56% d'entre elles avaient voté pour Barack Obama en 2008. Mercredi soir, le président, en campagne à New York, a ironisé sur Todd Akin.

«Ce qui est intéressant, c'est que cet individu siège à la commission des sciences et de la technologie (de la Chambre) mais qu'il a raté les cours de sciences. Et il illustre le souhait (des républicains) de régresser plutôt que de progresser, et de mener des combats dont nous pensions qu'ils étaient finis depuis 20 ou 30 ans», s'est exclamé Barack Obama.

Une stratégie qui fait mouche

Les démocrates poursuivent une stratégie qui semble avoir fait mouche: selon un sondage Wall Street Journal/NBC publié mardi soir, seules 24% des personnes interrogées pensent que Mitt Romney défendrait mieux les droits des femmes s'il devenait président, contre 54% pour Barack Obama. Les démocrates ont aussi condamné l'adoption mardi par le parti républicain d'un programme électoral strictement opposé à l'avortement, même en cas de viol ou d'inceste.

Paul Ryan, élu du Wisconsin (nord), a régulièrement voté à la Chambre en faveur de cette stricte interdiction de l'avortement, légal mais encadré depuis un arrêt de la Cour suprême en 1973. Mitt Romney, qui a fondé sa stratégie de campagne sur la dénonciation d'une supposée incompétence de Barack Obama en matière économique, risque d'être mis en porte-à-faux dans ce débat de société.

Il avait dit respecter le droit à l'avortement lorsqu'il était gouverneur du Massachusetts (nord-est) de 2003 à 2007, mais a pris position contre pendant le processus des primaires de son parti, avec des exceptions, notamment en cas de viol. Paul Ryan, tout en se disant «fier de ce qu'(il a) fait en matière de défense de la vie» au Congrès, a semblé s'aligner sur cette position mercredi dans un entretien à une télévision locale de Pennsylvanie (est), KDKA. «Mitt Romney est en haut de l'affiche, Mitt Romney sera président, et c'est lui qui fixera la politique de l'administration Romney», a déclaré le colistier républicain.

Avec AFP
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