Des policiers britanniques devant l'ambassade de l'Equateur à Londres, le 16 août 2012.
Des policiers britanniques devant l'ambassade de l'Equateur à Londres, le 16 août 2012. - K. PRICE / REUTERS

M.P.

DERNIERE MINUTE

14h34: Le ministre des affaires étrangères équatorien Ricardo Patiño, annonce que son pays offre l'asile politique à Julian Assange

Les autorités anglaises prêtes à mettre leur menace à exécution? En fin de matinée, un porte parole du Foreign Office, joint par téléphone, a indiqué qu'il était trop tôt «pour dire quand et si la Grande-Bretagne annulera le statut diplomatique de l'ambassade d'Equateur» La Grande-Bretagne a pourtant fait savoir, mercredi à l’Equateur, qu’elle pourrait lancer un «assaut» sur l’ambassade équatorienne à Londres pour mettre la main sur Julian Assange, en vue de l’extrader vers la Suède. En fin de matinée, Londres avait annoncé qu'elle n'autorisera pas à quitter l'ambassade d'Equateur.

Et ce jeudi matin, plusieurs dizaines de policiers anglais ont pris position autour de l’ambassade, située dans le quartier chic de Kensington. Des échauffourées ont d'ailleurs éclaté devant l'ambassade de l'Equateur à Londres entre les forces de l'ordre et des manifestants scandant des messages de soutien à Julian Assange.

Selon un journaliste de Reuters, au moins trois manifestants ont été emmenés par la police alors que la foule scandait: «Vous tentez de déclencher une guerre avec l'Equateur». Une vingtaine de policiers étaient déployés autour de l'ambassade pour tenter de repousser la quinzaine de manifestants. Certains ont même pénétré à l’intérieur du bâtiment, d’après une vidéo postée sur Internet

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Depuis deux mois, Julian Assange est réfugié dans l’ambassade de l’Equateur, où il a demandé asile. Quito doit rendre ce jeudi à 14h sa décision qui, d’après des informations du Guardian, pourrait être favorable au fondateur de WikiLeaks. Cependant, Londres fait pression sur Quito pour éviter que le droit d’asile soit accordé à l’Australien. «Nous avons reçu du Royaume-Uni la menace expresse et par écrit qu'un assaut pourrait être lancé contre notre ambassade à Londres si l'Equateur ne lui remet pas Julian Assange», a révélé mercredi Ricardo Patino, le ministre équatorien des Affaires étrangères.

La Grande-Bretagne «déterminée» à l’extrader

Pour lui, «la position qu'a adoptée le gouvernement du Royaume-Uni est inadmissible, tant du point de vue politique que du point de vue juridique» et une « entrée non autorisée dans l'ambassade d'Equateur serait une violation flagrante de la Convention de Vienne» sur les ambassades, a rappelé Ricardo Patino. 

«Il est trop tôt pour dire quand et si la Grande-Bretagne annulera le statut diplomatique de l'ambassade d'Equateur», a déclaré un porte-parole du Foreign Office, joint par téléphone, alors que des policiers ont pris place autour de l'ambassade. «Accorder l'asile ne changera fondamentalement rien», a-t-il ajouté, soulignant que Londres avait l'obligation légale d'extrader Julian Assange vers la Suède.

Pour intervenir, la Grande-Bretagne pourrait s’appuyer sur une loi de 1987 sur les statuts des locaux consulaires et diplomatiques qui autorise la levée d’immunité d’une ambassade sur le sol britannique.

Même si l’Equateur accordait l’asile à Julian Assange, son départ du territoire britannique semble très complexe s’il n’est pas autorisé par les autorités britanniques, qui se sont dit «déterminées» à l’extrader vers la Suède.  L’Australien de 41 ans est accusé par la justice suédoise de viol et d'agression sexuelle. Mais il craint surtout une extradition, ensuite, vers les Etats-Unis, où il est poursuivi pour espionnage pour avoir divulgué plus de 250.000 télégrammes diplomatiques américains. Il pourrait risquer la peine de mort.