Les rebelles opposaient dimanche une résistance farouche aux troupes du régime à Alep, bombardée sans relâche par air et terre, de même que dans d'autres villes de Syrie ensanglantées par les violences.
Les rebelles opposaient dimanche une résistance farouche aux troupes du régime à Alep, bombardée sans relâche par air et terre, de même que dans d'autres villes de Syrie ensanglantées par les violences. - Phil Moore afp.com

avec AFP

Les rebelles opposaient dimanche une résistance farouche aux troupes du régime à Alep, bombardée sans relâche par air et terre, de même que dans d'autres villes de Syrie ensanglantées par les violences.

Quatre jours après avoir lancé son offensive terrestre pour déloger les rebelles d'Alep, les chars et les avions de combat du régime de Bachar al-Assad continuent de pilonner plusieurs quartiers de cette métropole du Nord, dont le contrôle est un enjeu crucial de la guerre.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les quartiers Chaar, Tariq al-Bab, Hanano, Boustane al-Qasr et Salaheddine, secteur emblématique des insurgés où des combats ont lieu, sont la cible des violents tirs d'artillerie par l'armée.

Dix jeunes exécutés à Homs?

Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) ont affirmé avoir repris à l'armée des positions «stratégiques» à Salaheddine après que l'armée a dit contrôler totalement le quartier mercredi.

Selon le journal officiel Al-Watan, la voie vers le quartier al-Sukkari, deuxième bastion en importance des rebelles, «est désormais ouverte pour l'armée qui a pris le contrôle de plusieurs axes lui permettant de le prendre d'assaut».

Des tirs ont été en outre entendus à Damas, en proie la veille à des combats, alors que les localités proches d'Al-Tal et de Harista, étaient bombardées, d'après l'OSDH, une ONG basée en Grande-Bretagne et qui tire ses informations sur place d'un réseau de militants et de témoins.

Selon le Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition, les soldats aidés de miliciens ont «exécuté» dix jeunes dans le quartier Chamas à Homs (centre) où ils sont entrés après plusieurs heures de pilonnage. Les victimes ont été choisies parmi une foule de 350 personnes rassemblées sur une place, affirme le CNS qui dit craindre un «terrible massacre». Cette information ne pouvait être confirmée de source indépendante.

Des accrochages avaient lieu par ailleurs dans la province de Deraa (sud), berceau de la révolte déclenchée en mars 2011 contre le régime Assad, dont la famille gouverne le pays d'une main de fer depuis quatre décennies.

Impasse diplomatique

Mais cette contestation d'abord pacifique s'est militarisée au fil des mois face à la répression menée par le régime, qui a choisi d'écraser la révolte assimilée à du «terrorisme», au prix de plus de 21.000 morts selon l'OSDH, de dizaines de milliers de réfugiés et de centaines de milliers de déplacés.

Et comme tous les jours, le lot des morts se compte par dizaines. Samedi, près de 150 personnes en majorité des civils ont péri, a précisé l'OSDH.

L'escalade est alimentée par l'impuissance de la communauté internationale à s'accorder sur les moyens de régler le conflit, les Occidentaux et certains pays arabes d'un côté appuyant la rébellion et réclamant un départ de Bachar al-Assad, et les Russes et les Iraniens refusant tout changement de régime par la force.

La réunion des ministres arabes reportée

Ce conflit dévastateur, qui dure depuis près de 17 mois, sera au menu d'une «réunion d'urgence» des ministres arabes à Jeddah en Arabie saoudite, à 48 heures d'un sommet extraordinaire islamique à l'initiative du royaume qui cherche à mobiliser le monde musulman en faveur du soulèvement en Syrie.

Mais la Ligue arabe a reporté, dimanche en fin de matinée, cette rencontre entre ses ministres des Affaires étrangères sur la crise syrienne, où devait être décidé le nom du successeur de l'émissaire international Kofi Annan, a annoncé un responsable de l'organisation. «Ils l'ont reportée», a déclaré le responsable à propos de la rencontre qui devait avoir lieu à Djeddah en Arabie saoudite, sans donner ni explication, ni nouvelle date.

 

Alors que le flux de réfugiés croît chaque jour davantage, 80 tonnes d'aide envoyées par la France doivent être distribuées aux dizaines de milliers de Syriens installés dans un camp à la frontière jordano-syrienne.