Madagascar: le retour de Ravalomanana pose plus que jamais problème

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Publié le 9 août 2012.

La situation semblait plus bloquée que jamais à Madagascar jeudi, après un sommet destiné à sortir la Grande Ile de la crise d'où le président de la Transition Andry Rajoelina est revenu en estimant qu'il fallait empêcher "coûte que coûte" le retour de son adversaire Marc Ravalomanana.

La question du retour de l'ancien président, qui vit en Afrique du Sud depuis son renversement par M. Rajoelina en 2009, est la principale pomme de discorde entre les deux hommes, sommés de s'entendre par une Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) lassée de voir ses efforts de médiation piétiner.

Marc Ravalomanana a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité, pour la mort d'une trentaine de manifestants tués par sa garde présidentielle lors des troubles qui ont précipité son départ en 2009.

Il conteste la validité de cette condamnation, prononcée selon lui par un "tribunal fantoche".

Mais l'actuel maître d'Antananarivo ne veut pas entendre parler d'un retour, et a menacé de l'arrêter s'il posait le pied sur le sol malgache. Il a déjà empêché par deux fois le président déchu de rentrer au pays, et a encore expulsé son épouse Lalao qui tentait une visite fin juillet.

La toute nouvelle loi électorale empêche en outre M. Ravalomanana de se présenter à la prochaine présidentielle, prévue en mai 2013.

En revenant des Seychelles où de nouvelles discussions n'ont abouti à rien mercredi, Andy Rajoelina a été plus clair que jamais.

"Il ne faut plus qu'il y ait de morts à Madagascar. Lorsque M. Ravalomanana est arrivé au pouvoir en 2002 il y a eu des morts dans toute l'île, quand il a quitté le pouvoir en 2009 il y a eu des morts. Maintenant on est en 2012, il veut encore revenir au pouvoir. Il faut coûte que coûte qu'il ne revienne plus au pouvoir", a-t-il déclaré en descendant de son avion.

"Des propositions ont été faites mais M. Ravalomanana n'était pas d'accord. Cet homme n'a pas changé et il ne changera jamais", a-t-il ajouté.

Accord sur un calendrier électoral

"Le point de convergence, c'est le calendrier électoral, on est d'accord sur la date du 8 mai pour l'élection présidentielle", a concédé Andry Rajoelina.

Un éventuel second tour de la présidentielle jumelé avec des législatives est prévu le 3 juillet 2013, avant des municipales le 23 octobre, selon le calendrier annoncé le 1er août par la commission électorale malgache (Cénit).

Le camp Ravalomanana n'a pas immédiatement réagi jeudi, mais il a toujours dit que le retour de son leader afin de se présenter à la présidentielle n'était pas négociable.

Dans le seul commentaire neutre diffusé à l'issue de la réunion des Seychelles, la SADC avait pourtant évoqué "un environnement paisible et serein" et des "discussions cordiales".

"Une convergence est apparue", a-t-elle même indiqué, sans préciser laquelle.

L'organisation régionale a menacé d'exclure du processus de réconciliation celui qui sera jugé responsable du blocage. Elle leur a donné jusqu'au 16 août pour trouver un accord, juste avant son sommet annuel, les 17 et 18 août à Maputo.

Une délégation de la "Troïka" (l'organe de défense et de sécurité) de la SADC emmenée par le vice-ministre des Affaires étrangères sud-africain Marius Fransman et accompagnée du ministre des Affaires étrangères des Seychelles Jean-Paul Adam, doit se rendre à Madagascar vendredi, pour consulter les partis politiques.

© 2012 AFP
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