Marvin Wilson, un Afro-américain de 54 ans condamné pour meurtre en 1998, a été exécuté mardi au Texas en dépit du fait qu'il ait été diagnostiqué comme attardé mental, a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires de cet Etat du sud des Etats-Unis.
Marvin Wilson, un Afro-américain de 54 ans condamné pour meurtre en 1998, a été exécuté mardi au Texas en dépit du fait qu'il ait été diagnostiqué comme attardé mental, a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires de cet Etat du sud des Etats-Unis. - Caroline Groussain afp.com

avec AFP

Marvin Wilson, un Afro-américain de 54 ans condamné pour meurtre en 1998, a été exécuté mardi au Texas en dépit du fait qu'il ait été diagnostiqué comme attardé mental, a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires de cet Etat du sud des Etats-Unis.

Après 18 mois dans le couloir de la mort, Marvin Wilson, qui avait été condamné pour le meurtre d'un informateur de la police commis en 1992, a été déclaré mort par injection létale à 18h27 locales (1h27 en France), a-t-on précisé de même source. Il s'agit du 25e detenu exécuté cette année aux Etats-Unis, dont sept au Texas. Dans l'après-midi, la Cour suprême des Etats-Unis avait rejeté un dernier recours de ses avocats.

Détermination «non-scientifique» du handicap mental

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme se sont élevées contre cette exécution. Parmi elles, Amnesty International a jugé «particulièrement dérangeante» la décision de la Cour suprême de ne pas surseoir à cette exécution, selon un communiqué. En 2004, avec un quotient intellectuel de 61 (très en-deça de la moyenne pour son âge), Marvin Wilson avait été diagnostiqué comme attardé mental léger selon des critères déterminés par l'American Association of Intellectual and Developmental Disabilities (AAIDD).

«Nous sommes profondément déçus et attristés que la Cour suprême ait refusé d'intervenir pour empêcher cette exécution», a déclaré dans un communiqué l'avocat du détenu, Lee Kovarsky. «C'est scandaleux que l'Etat du Texas continue d'utiliser des critères non scientifiques (...) pour déterminer quels citoyens ayant un handicap intellectuel doivent être exemptés d'une exécution», a-t-il ajouté.

«Je vous aime tous. Je suis prêt»

Avant son exécution, Marvin Wilson s'est adressé aux membres de sa famille, leur assurant qu'il les aimait. «Ramène-moi à la maison, Jésus, ramène-moi à la maison, Seigneur», a-t-il également déclaré, selon des propos rapportés à l'AFP par un porte-parole des services pénitentiaires du Texas. Puis, s'adressant à nouveau à sa famille, il a conclu: «Je vous aime tous. Je suis prêt».

En 2002, la Cour suprême des Etats-Unis a interdit l'exécution de condamnés attardés mentaux car leur handicap «ferait courir le risque d'une exécution arbitraire». Mais la Cour, dans l'arrêt «Atkins vs. Virginia», n'a pas donné de définition précise du retard mental, laissant chaque Etat fixer les conditions requises pour déterminer ce type de handicap. Et selon les critères en vigueur au Texas, Marvin Wilson ne souffrait pas de handicap mental.