En février, les jeunes femmes membres du groupe Pussy Riot --alors quasiment inconnu-- étaient apparues encagoulées, avec guitares et sonorisation, dans la cathédrale du Christ-Sauveur, et avaient entonné une "prière punk" anti-Poutine incluant des passages dénonçant le soutien de l'Eglise à l'Etat.
En février, les jeunes femmes membres du groupe Pussy Riot --alors quasiment inconnu-- étaient apparues encagoulées, avec guitares et sonorisation, dans la cathédrale du Christ-Sauveur, et avaient entonné une "prière punk" anti-Poutine incluant des passages dénonçant le soutien de l'Eglise à l'Etat. - Adnrey Smirnov afp.com

avec AFP

Le procureur a requis mardi trois ans de camp contre les trois jeunes femmes membres du groupe Pussy Riot jugées pour avoir chanté en février dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou une «prière punk» anti-Poutine.

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, sont coupables de hooliganisme et d'incitation à la haine religieuse, a indiqué le procureur lors de son réquisitoire devant le tribunal Khamovnitcheski de Moscou. Les trois prévenues «se sont livrées au hooliganisme, motivées par la haine religieuse et l'hostilité aux croyants orthodoxes», a affirmé le procureur.

«Provocation planifiée» et «opposition au monde orthodoxe»

En détention depuis cinq mois, les trois jeunes femmes, qui risquaient jusqu'à sept ans de détention, ont écouté avec sérénité le réquisitoire du procureur qui les a par ailleurs accusées de «s'être livrés à une provocation soigneusement planifiée» et de «s'opposer au monde orthodoxe».

La «prière» contre Vladimir Poutine a suscité de nombreuses réactions de désapprobation dans un pays qui a connu depuis la chute du régime soviétique en 1991 un renouveau religieux. Mais de nombreuses personnalités russes et étrangères ont pris la défense des prévenues, jugeant les poursuites et leur maintien en détention disproportionnés avec les faits.