Québec: la lutte s'annonce serrée entre libéraux et indépendantistes

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Publié le 2 août 2012.

Les Québécois iront aux urnes le mardi 4 septembre lors de législatives anticipées qui pourraient ramener au pouvoir les indépendantistes de la province francophone, sur fond de tensions nées du conflit étudiant et de soupçons de corruption du gouvernement libéral sortant.

L'annonce en a été faite mercredi par le Premier ministre Jean Charest qui s'est rendu chez le lieutenant-gouverneur du Québec, représentant de la couronne britannique, pour lui demander de dissoudre le parlement provincial.

En choisissant d'avancer les élections, alors que son mandat devait se terminer l'année prochaine, M. Charest a voulu profiter d'un mouvement d'opinion en sa faveur apparu dans le contexte du conflit étudiant sur les droits de scolarité, une majorité silencieuse de Québécois approuvant l'augmentation défendue par son gouvernement.

Très combatif lors de sa première rencontre avec les médias après l'annonce des élections, il a longuement évoqué ce conflit et notamment les manifestations étudiantes, parlant d'"actes d'intimidation, de vandalisme et de violence".

"Ce n'est pas le Québec que nous voulons. Ce n'est certainement pas le Québec que nous aimons", a-t-il dit.

"L'élection du 4 septembre n'est pas comme les autres. Nous devons décider du type de société dans laquelle nous voulons vivre", a ajouté le dirigeant libéral, avant de reprocher à Pauline Marois, à la tête du Parti Québécois (opposition, indépendantiste) de "plier" devant la "rue" et de vouloir donner aux contestataires "tout ce qu'ils demandent".

Plusieurs milliers de personnes ont marché mercredi soir à Montréal pour protester à nouveau contre la hausse des droits de scolarité et la loi limitant les manifestations. Faute d'itinéraire annoncé, la manifestation a été déclarée illégale et la police a arrêté huit personnes, dont au moins deux pour jets de projectiles ou de pétards vers les forces de l'ordre.

Les adversaires de M. Charest pointent du doigt le fait que le scrutin anticipé permet de devancer d'éventuelles révélations de la commission publique d'enquête, dite Commission Charbonneau, attendues cet automne, sur les soupçons de corruption dans le secteur du bâtiment profitant aux milieux politiques.

Interrogé sur un lien éventuel entre le déclenchement de la campagne électorale en plein été et son éventuelle "crainte" de la commission Charbonneau, M. Charest s'est contenté de dire que ce n'était pas la première fois qu'il participerait à une élection le 4 septembre.

Les libéraux pensent avoir une chance de l'emporter ou, s'ils devaient perdre, de former au moins une opposition puissante au parlement de Québec. Ils utilisent la question de l'indépendance et le conflit sur les droits de scolarité pour se poser en champions de la stabilité et de la croissance économique.

Ils accusent le Parti Québécois et la Coalition Avenir Québec (CAQ, centre-droit, favorable aux idées souverainistes, mais repoussant la question à un avenir lointain) de vouloir plonger le Québec dans le "chaos".

Les Québécois ont repoussé à deux reprises leur indépendance lors de référendums en 1980 et 1995, avec une très courte majorité lors du second scrutin. Actuellement, le PQ ne se propose pas d'aller rapidement vers un troisième référendum, mais veut procéder graduellement, s'il arrive au pouvoir, en demandant au gouvernement fédéral plus d'argent et plus d'autonomie et modulant sa politique en fonction de sa réaction.

Libéraux et indépendantistes sont au coude à coude dans les enquêtes d'opinion, chacun obtenant un peu plus de 30% des intentions de vote, ce qui fait planer une grande incertitude sur l'issue du scrutin et rend plausible la formation d'un gouvernement minoritaire.

S'il l'emportait, M. Charest obtiendrait un quatrième mandat à la tête du gouvernement, alors que, arrivé au pouvoir en 2003, il était déjà l'unique Premier ministre du Québec depuis un demi-siècle à en avoir exercé trois.

© 2012 AFP
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