Des tirs nourris et des explosions retentissent depuis mardi soir à Damas dans plusieurs quartiers hostiles au régime du président Bachar al-Assad, ont indiqué mercredi une journaliste de l'AFP et des militants.
Des tirs nourris et des explosions retentissent depuis mardi soir à Damas dans plusieurs quartiers hostiles au régime du président Bachar al-Assad, ont indiqué mercredi une journaliste de l'AFP et des militants. - Pierre Torres afp.com

© 2012 AFP

Des tirs nourris et des explosions ont retentit dans la nuit de mardi et mercredi jusqu'en fin de matinée à Damas dans plusieurs quartiers hostiles au régime du président Bachar al-Assad, ont indiqué mercredi une journaliste de l'AFP et des militants. Pour la première fois, des combats ont éclaté aux abords des quartiers chrétiens de Bab Touma et Bab Charqui, autrefois prisés des touristes.

«Des combats ont éclaté mercredi à l'aube, après 02H00 (23H00 GMT mardi), aux abords des quartiers de Bab Touma et Bab Charqi. Les premières informations font état d'un mort parmi les soldats», indique l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).  «Ce sont des combats inédits. Ce sont des zones auxquelles les combattants (rebelles) n'avaient pas accès jusqu'à présent», a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, qui se base sur un large réseau de militants.

Plusieurs poches de résistance

Mercredi à l'aube, une explostion et des tirs nourris ont été entendus dans la rue Bagdad, grande artère menant au centre-ville et à Bab Touma, selon les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain. Selon les LCC, le grand quartier de Tadamoun, dans le sud de la capitale, a été visé par des tirs au mortier tôt mercredi matin. En fin de matinée, le calme était revenu dans la ville, selon un journaliste de l'AFP.

«Jusque tard dans la soirée de mardi, des bruits d'explosions et de tirs sont entendus de manière intermittente dans plusieurs quartiers, notamment à Kafar Soussé (sud). Ils se sont intensifiés en soirée», a indiqué une journaliste de l'AFP. Des accrochages limités à Damas avaient repris lundi notamment à Kafar Soussé (sud) après une attaque rebelle aux lance-roquettes RPG contre un barrage de l'armée.

L'autre bataille, à Alep

Le front de Damas s'était calmé après que l'armée eut pris le dessus au terme d'une semaine d'affrontements inédits dans la capitale. La bataille se concentre depuis le 20 juillet sur Alep, deuxième ville du pays, vers laquelle régime et rebelles ont envoyé de nouveaux renforts «pour une bataille décisive qui devrait durer des semaines», selon une source de sécurité syrienne.

Selon cette source, l'armée encercle et bombarde les quartiers rebelles, mais va prendre son temps avant de se lancer à l'assaut. La première offensive de l'armée le 28 juillet sur le quartier de Salaheddine, principal bastion rebelle dans le sud-ouest d'Alep, avait été repoussée par les insurgés. Mardi, 154 personnes --dont 35 civils, 62 soldats et 27 rebelles-- ont été tuées dans les violences à travers le pays dont la moitié à Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Un correspondant de l'AFP a été témoin mardi de la prise spectaculaire par les rebelles d'un commissariat de Salhine, le plus important du sud d'Alep et dont le chef, un général connu pour sa participation à la répression, a été abattu par les insurgés. Au total 40 policiers ont été tués dans cette attaque et la prise d'un autre commissariat proche, selon l'OSDH.