Un déluge de feu s'est abattu samedi sur Alep, bombardée et mitraillée par des hélicoptères des forces du régime de Bachar al-Assad qui tentent de déloger les rebelles de la deuxième ville de Syrie, enjeu crucial du conflit.
Un déluge de feu s'est abattu samedi sur Alep, bombardée et mitraillée par des hélicoptères des forces du régime de Bachar al-Assad qui tentent de déloger les rebelles de la deuxième ville de Syrie, enjeu crucial du conflit. - Bulent Kilic afp.com

© 2012 AFP

Un déluge de feu s'est abattu samedi sur Alep, bombardée et mitraillée par des hélicoptères des forces du régime de Bachar al-Assad qui tentent de déloger les rebelles de la deuxième ville de Syrie, enjeu crucial du conflit. Selon un correspondant de l'AFP sur place, les rebelles sont parvenus à contrer les premières offensives de l'armée contre le quartier de Salaheddine, les insurgés affirmant que les forces du régime n'ont pas progressé et ont perdu des chars.

Des bombardements violents ont commencé à l'aube sur ce quartier du sud-ouest d'Alep, encerclé, et se poursuivaient avec la même intensité à la mi-journée, selon un autre correspondant. Quatre hélicoptères lançaient des roquettes et mitraillaient le quartier où l'artillerie et les chars étaient en action.

Salaheddine «compte le plus grand nombre de rebelles», a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Selon lui, l'armée régulière, qui envoyé des renforts ces derniers jours autour d'Alep, «n'a fait aucun progrès depuis le matin et a même perdu cinq chars». «Ce sont les combats les plus violents depuis le début de la révolte» en mars 2011, a souligné cette ONG basée en Grande-Bretagne, qui s'appuie sur un réseau de militants sur place.

Au moins 29 personnes - dix soldats, huit rebelles et onze civils - ont été tuées depuis le début de l'assaut, d'après l'OSDH, qui a recensé plus de 20.000 morts, dont 14.000 civils, depuis le début de la révolte contre le régime Assad en mars 2011.

Les habitants «terrorisés»

«Il y a des milliers de personnes dans les rues fuyant les bombardements, elles sont terrorisées par les hélicoptères volant à basse altitude», selon Amer, porte-parole d'un réseau de militants à Alep joint par Skype. «Un très grand nombre de civils se sont rassemblés dans les jardins publics dans des secteurs plus sûrs, mais la majorité se réfugient dans des écoles. Ils ne peuvent pas sortir de la ville», a-t-il ajouté. Selon les correspondants de l'AFP, les habitants ont de grandes difficultés à se ravitailler en pain et de nombreux civils ont trouvé refuge dans les sous-sols des maisons.

L'assaut a été donné plus d'une semaine après l'ouverture de ce nouveau front le 20 juillet, l'armée ayant pu reprendre le contrôle de Damas où elle a livré combat pendant plusieurs jours aux rebelles.

Cette bataille est cruciale pour les deux parties. «Pour le régime, c'est une ville dans laquelle il a beaucoup d'alliés, notamment parmi les hommes d'affaires sur lesquels il compte pour financer une partie de son effort de guerre», a souligné Ignace Leverrier, ex-diplomate français en poste en Syrie, alors que les rebelles cherchent à créer une zone protégée dans le Nord.

Occidentaux contre Russes

Plusieurs pays occidentaux et l'ONU avaient exprimé leur préoccupation face à la perspective de cet assaut, Washington évoquant la possibilité d'un nouveau massacre dans ce pays ensanglanté par 16 mois de violences déclenchées par la répression d'un mouvement de contestation inédit contre le régime.

Cependant la Russie, allié du régime syrien, a estimé qu'il n'était pas «réaliste» d'escompter que le pouvoir reste les bras croisés alors que des rebelles «occupent» Alep, capitale économique du pays qui compte 2,5 millions d'habitants.

Avec les 29 morts à Alep, 90 personnes ont été tuées en Syrie samedi, a indiqué l'ONG.