Calme revenu à Madagascar, Rajoelina aux Seychelles pour rencontrer Ravalomanana

0 contributions
Publié le 23 juillet 2012.

Le président de la Transition malgache, Andry Rajoelina, est arrivé lundi aux Seychelles pour un face-à-face inédit prévu mercredi avec son principal rival, l'ex-président Marc Ravalomanana, renversé en 2009, en vue de tenter de dénouer la crise dans laquelle est plongé le pays depuis.

M. Rajoelina a fait le voyage vers les Seychelles au lendemain de la répression d'une mutinerie dans une base militaire qui a fait trois morts et quatre blessés, dont le chef des mutins, dont les revendications restent inconnues.

L'avion d'Andry Rajoelina a atterri peu avant 11H00 GMT à l'aéroport de Mahé, principale île des Seychelles et est immédiatement reparti vers la petite île Desroches, située à 230 kilomètres au sud-ouest de Mahé et isolée dans l'océan Indien, où se tiendront les discussions.

"L'ex-président Marc Ravalomanana devrait arriver demain mardi" d'Afrique du Sud où il vit en exil depuis 2009, a annoncé une source gouvernementale seychelloise ayant requis l'anonymat.

Le président sud-africain Jacob Zuma assistera mercredi à ce face-à-face a indiqué son porte-parole lundi.

"Le président Zuma, en qualité de président de la troïka de la SADC, assistera à la rencontre aux Seychelles mercredi", a indiqué à l'AFP Mac Maharaj, porte-parole de la présidence sud-africaine.

Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina doivent tenter de lever les blocages en vue de l'organisation d'élections à Madagascar, dont le calendrier sera publié le 1er août. Ces scrutins doivent permettre de sortir la Grande Ile de la crise ouverte par le renversement de M. Ravalomanana début 2009 par Andry Rajoelina, alors jeune opposant et maire d'Antananarivo, aidé par l'armée.

MM. Rajoelina et Ravalomanana se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises depuis la prise du pouvoir par le premier, mais ce sommet revêt un caractère inédit car il est prévu qu'ils se rencontrent en tête-à-tête, sans aucune autre entité politique et à l'abri des médias.

La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), qui a organisé la rencontre et parraine le processus de retour à l'ordre constitutionnel sur la Grande Ile, a mis la pression sur les deux protagonistes pour qu'ils parviennent à un "accord final" d'ici au 31 juillet, sous peine de désavouer le responsable d'un éventuel échec qui serait de fait isolé du processus de sortie de crise.

Pourparlers entre délégations mardi

Une source proche du dossier à Antananarivo a indiqué à l'AFP que les pourparlers entre délégations devraient démarrer mardi, avant le tête-à-tête mercredi et des conclusions jeudi.

Avant de s'envoler pour les Seychelles, M. Rajoelina s'est dit "prêt à négocier avec Marc Ravalomanana pour que la paix revienne" à Madagascar, après trois ans de grave crise politique.

"Je suis prêt pour dénouer la crise et affronter la rencontre aux Seychelles. Même s'il y a eu des comportements cherchant à perturber et créer des problèmes au sein de la nation, cela ne m'empêche pas de faire face et de partir pour cette rencontre", a-t-il expliqué, en malgache, depuis une base aérienne proche d'Antananarivo.

Il a confirmé qu'un face-à-face était prévu avec l'ancien président.

Les deux rivaux ont déjà signé plusieurs accords ces trois dernières années, sans jamais parvenir à trouver d'issue à la crise et la signature d'une "feuille de route" vers une sortie de crise, en septembre 2011, n'a pas permis de progrès notables.

Aucun porte-parole de Marc Ravalomanana, condamné aux travaux forcés à perpétuité par contumace après la mort de plusieurs dizaines de manifestants abattus par sa garde présidentielle en 2009, n'était joignable lundi.

Andry Rajoelina a quitté son pays alors que le calme était revenu aux abords de l'aéroport international d'Antananarivo, au lendemain de la mutinerie.

Andry Rajoelina a regretté "la division, les perturbations et tout ce qui est stratégie visant à renverser le pouvoir".

"Ce n'est pas la première fois que ça arrive, ça fait trois fois qu'il y a eu des tentatives de renversement du pouvoir. Nous savons ce qui s'est passé à la fin (les mutineries ont été matées, ndlr)" a-t-il déploré, adressant ses condoléances aux familles des victimes.

© 2012 AFP
Newsletter
La MATINALE

Recevez chaque matin
l'actualité du jour

publicité
publicité
publicité

publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr