Le président des Etats-Unis Barack Obama a appelé vendredi ses compatriotes à l'unité et au recueillement après la fusillade "insensée" du Colorado (ouest), tandis que la campagne électorale pour la présidentielle du 6 novembre était de facto suspendue.
Le président des Etats-Unis Barack Obama a appelé vendredi ses compatriotes à l'unité et au recueillement après la fusillade "insensée" du Colorado (ouest), tandis que la campagne électorale pour la présidentielle du 6 novembre était de facto suspendue. - Mandel Ngan afp.com

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Le président des Etats-Unis Barack Obama a appelé vendredi ses compatriotes à l'unité et au recueillement après la fusillade "insensée" du Colorado (ouest), tandis que la campagne électorale pour la présidentielle du 6 novembre était de facto suspendue.

"Ce matin, nous avons appris en nous réveillant la nouvelle d'une tragédie qui nous rappelle à tous ce qui nous unit en tant qu'Américains", a déclaré M. Obama à Fort Myers (Floride, sud-est) lors d'une intervention sobre au lieu d'un discours de campagne qu'il devait initialement y prononcer.

"Tant de violence, tant de mal, est insensé", a remarqué M. Obama, costume noir et cravate grise. "Mais si nous ne saurons jamais vraiment ce qui conduit quelqu'un à prendre la vie de quelqu'un d'autre, nous savons ce qui fait que la vie vaut d'être vécue", a-t-il ajouté face à des centaines de personnes.

M. Obama, qui avait auparavant dit dans un communiqué être "choqué" par cette fusillade "atroce et tragique", a fait observer un moment de recueillement à la mémoire des victimes et a affirmé que vendredi devait être une "journée de prière et de réflexion", pas de politique.

Son programme prévoyait un déplacement dans l'après-midi à Orlando pour conclure sa tournée de deux jours en Floride, un Etat crucial dans la perspective de la présidentielle de novembre.

Mais en raison de la fusillade qui a fait au moins 12 morts à Aurora, dans la banlieue de Denver, il a écourté son voyage et est rentré à Washington en début d'après-midi. Il a aussi donné l'ordre de mettre en berne les drapeaux américains sur tous les bâtiments publics, missions diplomatiques et bases militaires, jusqu'au 25 juillet au soir.

Le président devait s'entretenir du drame vendredi après-midi à la Maison Blanche avec le vice-président Joe Biden, le directeur de la police fédérale (FBI) Robert Mueller ainsi que de proches conseillers.

Des interventions de la Première dame Michelle Obama et de M. Biden, prévues vendredi dans le cadre de la campagne présidentielle démocrate, respectivement en Virginie (est) et à Houston (Texas, sud), ont elles aussi été annulées.

"Les victimes auraient pu être n'importe lequel de nos enfants, dans n'importe lequel de nos villages", a affirmé M. Biden dans un communiqué: "Notre pays tout entier prie pour les victimes et leurs familles".

Le présidentiable républicain Mitt Romney a lui aussi renoncé à prononcer un discours de campagne. "Aujourd'hui, je ne suis pas un candidat, mais un père et un grand-père, un mari et un Américain", a-t-il dit. "Aujourd'hui est un moment de deuil, de souvenir, c'est un jour pour aller au devant des autres et leur venir en aide", a-t-il ajouté dans le New Hampshire (nord-est).

Son épouse Ann Romney a suspendu ses activités de campagne, a précisé une porte-parole de l'équipe républicaine, Andrea Saul.

Tant l'équipe de M. Obama que celle de M. Romney ont annoncé qu'elles retiraient jusqu'à nouvel ordre leurs publicités télévisées des ondes au Colorado, un Etat qui comme la Floride devrait être très disputé en novembre.

Plus tôt vendredi, la Maison Blanche avait fait savoir que M. Obama avait été informé à l'aube de cette fusillade depuis la Floride, d'où il a appelé le gouverneur du Colorado et le maire d'Aurora.

Interrogé par des journalistes à bord de l'avion présidentiel Air Force One sur la question du contrôle de la circulation des armes aux Etats-Unis, où le droit de s'armer est protégé par le deuxième amendement de la constitution, M. Carney a répété la position déjà énoncée par M. Obama dans le passé.

"Le président croit que nous devons prendre des mesures de bon sens qui protègent les droits des Américains au terme du deuxième amendement, tout en faisant en sorte que ceux qui ne devraient pas posséder d'armes selon les lois en vigueur n'en obtiennent pas", a-t-il dit.