Cérémonie funéraire de trois hauts responsables du régime syrien, à Damas, le 20 juillet 2012.
Cérémonie funéraire de trois hauts responsables du régime syrien, à Damas, le 20 juillet 2012. - REUTERS/Sana Sana

Avec Reuters

Au lendemain du veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité sur un projet de résolution occidental qui menaçait le régime de Bachar al-Assad de sanctions, les déclarations de l'ambassadeur de Russie à Paris sur un retrait du pouvoir du président syrien ont semé la confusion.

Dans la matinée, Alexander Orlov expliquait sur RFI que le président syrien avait accepté le communiqué final du Groupe d'action sur la Syrie réuni le 30 juin à Genève, qui prévoit, a-t-il rappelé, «une transition vers un régime plus démocratique». «C'est-à-dire (qu')il accepte de partir mais partir d'une façon civilisée», ajoutait le diplomate. L'ambassade a rectifié le tir, déclarant que les propos de l'ambassadeur avaient été «sortis de leur contexte». Le ministère syrien de l'Information a catégoriquement démenti. Le chef d'Etat syrien n'a pas fait de déclaration depuis l'attentat qui a frappé mercredi matin au coeur de l'appareil sécuritaire de son régime. On ignore s'il était présent vendredi aux funérailles à Damas de trois hauts responsables qui ont péri dans cette attaque.

Nouveaux morts dans la «bataille de Damas»

La télévision officielle syrienne a indiqué que les funérailles du général Assef Chaoukat, vice-ministre de la Défense et beau-frère d'Assad, du ministre de la Défense, Dawoud Rajha, et du général Hassan Tourkmani, ancien ministre de la Défense et haut responsable militaire, avaient eu lieu vendredi dans la capitale syrienne. Quelques heures plus tard, le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé à l'unanimité une prolongation de 30 jours du mandat des observateurs de l'ONU en Syrie, qui expirait dans la nuit de vendredi à samedi, mais cette extension de leur présence pourrait être la dernière.

Sur le terrain, après 16 mois de soulèvement et des milliers de morts, le sixième jour de «la bataille de Damas» lancée par les insurgés a fait au moins trois nouveaux morts dans la capitale, victimes de tirs d'hélicoptères de combat de l'armée qui ont mitraillé le quartier de Saida Zeinab, dans le sud-est de la capitale syrienne. Des rebelles auraient incendié des casernes utilisées par les miliciens pro-Assad, et par l'armée après deux jours de siège, selon un témoin. La télévision d'Etat a annoncé de son côté que les forces syriennes avaient libéré le quartier central de Midane «des mercenaires et des terroristes». Des activistes de l'opposition et des sources au sein de l'Armée syrienne libre (ASL) ont confirmé leur retrait, tout en soulignant que ce n'était qu'un mouvement stratégique.

Afflux de réfugiés au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Irak

Lors de ces dernières 24 heures, les rebelles ont pris deux postes-frontières à la frontière turque et un à la frontière irakienne. Vendredi, l'armée irakienne a fermé le poste-frontière d'Abou Kamal/Kaïm, a constaté un photographe de Reuters. Après les affrontements de la nuit passée, le poste frontalier semblait calme, à l'inverse de celui de Bab al Haoua, à la frontière turque, que les troupes pro-gouvernementales tentent de reprendre. Sur le plan humanitaire, la situation des réfugiés a empiré ces derniers jours.

«On nous a rapporté, ce que nous essayons de vérifier, que des milliers de Syriens ont passé la frontière libanaise cette nuit et hier», a déclaré Melissa Fleming, porte-parole du HCR. «Les gens continuent d'arriver en Turquie. Les gens continuent d'arriver en Jordanie. Les gens continuent d'affluer au Liban et de plus en plus en Irak.»