Photo prise le 16 juillet 2012 du balcon de Laszlo Csatary à Budapest, en Hongrie.
Photo prise le 16 juillet 2012 du balcon de Laszlo Csatary à Budapest, en Hongrie. - A. KISBENEDEK/AFP PHOTO

Bérénice Dubuc

Retrouvé, mais pas arrêté. Le criminel de guerre nazi encore en vie le plus recherché au monde, le Hongrois Laszlo Csatary, 97 ans, a été retrouvé par des reporters du tabloïd britannique The Sun , grâce à des informations du Centre Simon-Wiesenthal, basé à Jérusalem. Cependant, l’homme n’a pas été arrêté: lorsqu’elle a pénétré dans le deux-pièces que l’homme occupait depuis, la police hongroise a trouvé les lieux vides.

Même si, selon Peter Feldmayer, le président de l'Association des communautés juives de Hongrie, «il n'ira pas loin», cette disparition alimente la polémique qui pèse déjà sur la justice hongroise, critiquée pour ne pas avoir montré d’empressement à arrêter Laszlo Csatary. Contactée par 20 Minutes, l’ambassade de Hongrie en France n’a pas souhaité faire de commentaires.

Le Centre Simon-Wiesenthal a transmis il y a plus de dix mois à la justice hongroise les informations sur le passé de l’homme, chef de la police au ghetto juif de la ville slovaque de Kosice durant la Seconde Guerre mondiale, où 15.700 juifs ont été pour certains assassinés et pour l'immense majorité déportés vers le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, en Pologne, pendant l'occupation par l'Allemagne nazie de ce qui était alors la Tchécoslovaquie.

«Problèmes» dans l'enquête

La semaine dernière, Efraïm Zuroff, directeur du Centre Simon-Wiesenthal, a transmis de nouveaux documents à charge contre Laszlo Csatary sur la déportation en 1941 de 300 juifs de Kosice à Kamenetsk-Podolsk, en Ukraine, alors occupée par les nazis. Lundi, le Parquet de Budapest a indiqué qu'il avait ouvert une enquête en septembre dernier sur la base des informations fournies par le Centre Simon-Wiesenhal, sans toutefois citer dans son communiqué le nom de Laszlo Csatary.

La justice est confrontée à divers «problèmes» dans l'enquête, a expliqué le Parquet, notamment du fait de l'éloignement temporel et géographique des faits, ainsi que de la localisation à l'étranger des survivants qui pourraient témoigner. Résoudre ces difficultés «est une condition préalable à la clarification des faits et à toute décision quant à la poursuite de l'enquête», a déclaré le Parquet.

Csatary n’a pas réapparu

Efraïm Zuroff a fait part de sa frustration quant au manque d’action de la police hongroise: «Rien ne s'est passé. A l'âge de Csatary, la santé peut se dégrader d'un jour à l'autre. Il faut agir rapidement.» Le gouvernement hongrois a de son côté simplement rappelé qu’il avait «toujours soutenu la recherche exhaustive des crimes passés et la poursuite des auteurs», et qu’il appelait «à rechercher la vérité et à punir les coupables».

La dernière fois que la trace de Laszlo Csatary avait été retrouvée, en 1995 par les autorités canadiennes, il avait déjà pris la fuite, prenant à peine le temps de reconnaître un rôle «limité» dans la déportation de juifs devant des enquêteurs canadiens.