Les présidents de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda ont accepté dimanche "le principe" de la mise sur pied d'une force internationale neutre afin "d'éradiquer" les rébellions actives dans l'est de la RDC et surveiller leur frontière commune, a annoncé le président rwandais Paul Kagame à l'AFP.
Les présidents de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda ont accepté dimanche "le principe" de la mise sur pied d'une force internationale neutre afin "d'éradiquer" les rébellions actives dans l'est de la RDC et surveiller leur frontière commune, a annoncé le président rwandais Paul Kagame à l'AFP. - Carl Court afp.com

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Les présidents de République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda ont accepté dimanche "le principe" de la mise sur pied d'une force internationale neutre afin "d'éradiquer" les groupes armés actifs dans l'est de la RDC et surveiller leur frontière commune, a annoncé le président rwandais Paul Kagame à l'AFP.

"Nous avons accepté le principe de demander à d'autres de nous aider, mais les détails (...) seront pour plus tard", a déclaré Paul Kagame, interrogé sur cette force, à l'issue d'une réunion des chefs d'Etat de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), tenue en marge du sommet de l'Union africaine (UA) à Addis Abeba.

Avant le sommet, M. Kagame et son homologue congolais Joseph Kabila se sont entretenus en tête-à-tête, a indiqué à l'AFP Dorine Nininahazwe, porte-parole de la CIRGL, qui réunit onze pays. Aucun détail n'a filtré sur le contenu de leur discussion.

Il s'agissait de la première rencontre entre les deux présidents - dont les pays entretiennent des relations tendues -, depuis que les mutins du M23, issus d'une précédente rébellion, ont lancé, dans l'est instable du pays, des hostilités contre l'armée congolaise à laquelle ils avaient été intégrés au terme d'un accord signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa.

Les autorités de RDC, s'appuyant sur un rapport de l'ONU, accusent le Rwanda de soutenir le M23, ce que Kigali dément, accusant en retour Kinshasa, qui réfute, de soutenir les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), rébellion hutue rwandaise opposée au régime de Paul Kagame et active dans l'est de la RDC.

Dimanche matin, à l'ouverture du sommet de l'UA, le président de sa Commission, Jean Ping, avait indiqué que l'UA était "disposée à contribuer à la constitution d'une force régionale pour mettre un terme définitif aux agissements des groupes armés" dans l'est de la RDC.

Le document adopté dimanche par les chefs d'Etat de la CIRGL, dont MM. Kagame et Kabila, demande aux Etats membres de cette organisation régionale de "travailler avec l'UA et l'ONU pour la mise en place immédiate d'une force internationale neutre pour éradiquer le M23, les FDLR et toutes autres forces négatives dans la région des Grands Lacs".

Aucun détail n'a pu être obtenue à ce stade sur l'articulation entre cette "force neutre" et les 17.000 militaires et 2.000 civils de la mission de l'ONU (Monusco) déployée depuis fin 1999, principalement déjà dans l'est du pays.

Le commissaire de l'UA à la paix et la sécurité, Ramtane Lamamra, a confirmé à l'AFP l'accord "de principe". "Il va falloir maintenant évaluer la faisabilité" et discuter des détails d'une telle force, a-t-il déclaré.

Une modification du mandat de la Monusco, essentiellement la protection des civils jusqu'ici, est "un des scénarios", a-t-il précisé, interrogé à ce sujet. Un autre pourrait être une force conjointe ONU-UA, a-t-il ajouté.

Le document de la CIRGL, qui reprend les termes de celui adopté jeudi par leurs ministres des Affaires étrangères, exige également que toutes les "forces négatives, en particulier le M23 cesse leurs activités armées" et qu'aucun soutien ne doit être apporté" à ces forces.

Il exhorte aussi les dirigeants de la région à veiller à ce que "leurs actions, comportement, discours, déclarations publiques et autres paroles s'inscrivent dans une logique de paix, de sécurité et de stabilité".

Les chefs d'Etat de la CIRGL ont convenu de se revoir les 6 et 7 août à Kampala concernant les modalités de mise en oeuvre du document, selon Mme Nininahazwe.