L'Union africaine n'a "plus le droit d'échouer" à élire le président de sa Commission

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Publié le 15 juillet 2012.

L'Union africaine (UA) n'a "plus le droit d'échouer" dimanche à élire le président de la Commission, son organe-clé, après le blocage auquel avait abouti le précédent scrutin, a averti le président en exercice de l'organisation continentale Thomas Boni Yayi, en ouvrant son 19e sommet.

En janvier, l'organisation avait étalé au grand jour ses divisions en ne parvenant pas à départager le président sortant gabonais Jean Ping et son adversaire sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma.

"En janvier dernier, nous avons échoué. A ce sommet nous n'avons plus le droit d'échouer", a lancé le chef de l'Etat béninois à la tribune. "C'est dans l'unité que nous trouverons une solution. Tout nouvel échec signifiera la division du continent", a-t-il ajouté.

M. Ping n'avait pu réunir les 2/3 des suffrages exigés par les statuts, bien que resté seul en lice au quatrième tour de scrutin. Face au blocage, il avait été reconduit pour six mois avec la Commission sortante.

"Une telle situation ne saurait perdurer sans compromettre davantage le fonctionnement de la Commission et nuire à l'image et à la crédibilité de l'Union et de ses membres", a souligné M. Boni Yayi, lançant un "vibrant appel" pour que durant ce sommet soient "trouvés les voies et moyens pour sortir (...) de cette situation difficile".

"Aujourd'hui les populations africaines et l'opinion internationale attendent de tester notre capacité à unifier notre continent par l'élection du président de la Commission", a-t-il ajouté.

Au cours d'une conférence de presse, dimanche Mme Dlamini-Zuma a minimisé les risques de division, estimant que "le continent est suffisamment fort pour ne pas être fissuré par une élection entre deux personnes".

"Je ne crois pas que le continent va se fracturer en blocs à cause de cela, celui qui sera élu, quel qu'il soit, fera en sorte de commencer à travailler et de travailler avec tout le monde sans se soucier du vote des uns et des autres", a-t-elle expliqué.

Elle a également balayé les critiques soulignant que l'Afrique du Sud, malgré des chances limitées, piétine une règle non écrite selon laquelle les principales puissances continentales s'abstiennent de postuler aux postes-clés de l'UA.

"Je ne vois pas le rapport entre moi en tant qu'individu souhaitant apporter ma contribution à cette organisation et la taille de mon pays", a souligné l'actuelle ministre sud-africaine de l'Intérieur et ex-épouse du président sud-africain Jacob Zuma.

"L'Afrique du Sud ne va pas déménager à Addis pour venir diriger l'Union africaine, ce sera Nkosazana Dlamini-Zuma, si je gagne, qui viendra ici, pas l'Afrique du Sud", a-t-elle poursuivi.

Le Nigeria, autre grande puissance continentale, s'oppose fermement à la candidature de Mme Dlamini-Zuma.

Le président égyptien récemment élu Mohamed Morsi, invité à s'exprimer à la tribune lors de la cérémonie d'ouverture du Sommet, en tant que nouveau chef d'Etat, a appelé les Etats-membres à "travailler pour l'élection d'un président (...) sur la base d'un consensus parmi tous les Etats de l'UA".

Les analystes estiment peu probable que M. Ping ou Mme Dlamini-Zuma parvienne à réunir les 2/3 des suffrages requis. Un retrait de l'un des deux candidats ou un accord politique apparaissent également improbables, et le scrutin semblait devoir conduire tout droit à un nouveau blocage.

© 2012 AFP
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