Soudan du Sud: Un étudiant en paix après la guerre

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Publié le 13 juillet 2012.

MONDE - A l'instar de son pays, cet étudiant oscille entre souvenirs et espoir prudent...

De notre envoyé spécial au Soudan du Sud

Seul le chapeau de cow-boy, le même que portait John Garang, le dirigeant historique de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), le rattache à son passé. Avec son costume et sa cravate, Mabior, 28 ans, est désormais tourné vers l'avenir. Et celui-ci s'annonce plein de promesses. L'année prochaine, cet étudiant de l'université de Malakal devrait être diplômé et devenir professeur de physique et de mathématiques.
La vie de Mabior commence comme celle de son pays, le Soudan du Sud. Dans la guerre. Il n'a que 14 ans quand son père se fait tuer par les soldats soudanais dans son village. «Pour se venger», il s'engage alors dans le SPLA. Mais enfant-soldat, Mabior ne le sera pas longtemps puisqu'en 1998, le SPLA le conduit au Kenya dans un camp de réfugiés. Trop jeune pour se battre, selon la guérilla sudiste. Dans ce camp, «où la vie n'était pas si bonne», Mabior va rester dix ans, à l'instar de nombreux Sud-Soudanais qui ont grandi à l'étranger.

De mauvais souvenirs

En 2008, ce bon élève est choisi parmi ceux qui ont le niveau pour poursuivre des études supérieures à Malakal. De cette période, il se souvient du couvre-feu qui interdisait à tous les civils de sortir dans les rues après 20h, des «milices arabes» qui leur faisaient subir des mauvais traitements. Des viols que ces milices, soutenues par Khartoum, commettaient au hasard des maisons, le soir venu. Et de la langue arabe qu'il était obligé de parler sous peine de sévices. Aujourd'hui, c'est en anglais, la langue officielle du Soudan du Sud, que Mabior poursuit ses études. «Je veux participer à la reconstruction de mon pays.» En attendant, le quotidien reste difficile. Pour l'agrémenter, il cultive laborieusement quelques pousses de mil à côté de sa case en boue séchée. Un élevage de poulets lui permet d'espérer quelques œufs supplémentaires. Est-il heureux de vivre dans son pays, indépendant depuis un an? «Il n'y a pas d'autres choix, répond-il. Mais si j'ai un jour l'opportunité de partir je le ferai.»

Alexandre Sulzer
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