Le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne à l'étranger, va insister mercredi à Moscou auprès des dirigeants russes sur son refus de toute transition politique avant le départ du pouvoir du président Bachar al-Assad.
Le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne à l'étranger, va insister mercredi à Moscou auprès des dirigeants russes sur son refus de toute transition politique avant le départ du pouvoir du président Bachar al-Assad. - Khaled Desouki afp.com

© 2012 AFP

Une "révolution" est en cours en Syrie, a déclaré mercredi à Moscou le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne à l'étranger, au début de ses entretiens avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

"Les événements en Syrie ne sont pas seulement des désaccords entre l'opposition et le gouvernement, mais une révolution", a expliqué à son interlocuteur Abdel Basset Sayda, comparant la situation dans son pays à celle de la Russie à la chute de l'URSS, en 1991.

La "révolution" en Syrie "ressemble à ce qui s'est passé dans la Fédération de Russie quand elle s'est engagée sur la voie de la démocratie", a ainsi dit le chef du CNS, en présence des journalistes admis au début de sa rencontre avec M. Lavrov.

Le ministre russe s'est pour sa part félicité de "la possibilité d'avoir une discussion directement avec vous en cette période cruciale pour la Syrie", avant de souligner qu'il voulait saisir cette occasion pour "encore une fois clarifier" la position de Moscou concernant la crise syrienne.

M. Lavrov a dit que son objectif "aujourd'hui" était de répondre à toutes les questions du CNS "pour qu'il n'y ait plus de doutes" dans les rangs de l'opposition syrienne sur la politique suivie par la Russie à propos de la Syrie.

Alliée de Damas, la Russie est un acteur incontournable dans le dossier syrien, bloquant toute résolution à l'ONU qui condamne la répression et refusant de cesser son soutien au régime malgré les critiques internationales.

"Nous aimerions comprendre s'il y a de réelles perspectives d'union de tous les groupes d'opposition (syriens, ndlr) sur la base d'un dialogue avec le gouvernement, comme le prévoit le plan de Kofi Annan (l'émissaire international, ndlr) approuvé par le Conseil de sécurité de l'ONU", a poursuivi Sergueï Lavrov.

Il a en outre insisté sur "la nécessité de l'arrêt le plus rapidement possible des violences sous toutes ses formes par toutes les parties" et sur l'ouverture d'un "dialogue avec la participation à la fois du gouvernement et de tous les groupes d'opposition, au cours duquel les Syriens eux-mêmes détermineraient le destin de leur pays, et commenceraient par se mettre d'accord sur les paramètres et les délais du processus de transition".

Le 30 juin, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne) ainsi que la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe se sont mis d'accord à Genève sur les principes d'une transition en Syrie.

Moscou a soumis mardi au Conseil de sécurité un projet de résolution qui prolonge le mandat de la Mission de supervision de l'ONU en Syrie (MISNUS), mais n'évoque pas la menace de sanctions.