Etats-Unis: les républicains s'en prennent encore à la réforme sur la santé d'Obama

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Publié le 10 juillet 2012.

Les républicains ont lancé d'âpres discussions mardi au Congrès américain, réaffirmant leur opposition viscérale à la réforme de la couverture maladie du président Barack Obama, contre laquelle ils voteront mercredi avec le ralliement probable de certains démocrates.

Ce vote à la Chambre des représentants intervient quelques jours seulement après que la Cour suprême eut confirmé la constitutionnalité du texte grâce au soutien surprise de son président conservateur.

La Cour a ainsi validé dans sa quasi-intégralité le 28 juin la réforme de la couverture santé adoptée et promulguée en 2010. Mais les conservateurs n'en ont pas pour autant changé leur fusil d'épaule: ils vont voter pour la 31e fois contre tout ou partie du texte, qui prévoit d'étendre la couverture maladie à 32 millions d'Américains.

"Ce n'est pas le moment que Washington ajoute 2.000 milliards de dollars de coûts fédéraux, alors que nous avons une dette énorme que nous ne pouvons déjà pas nous permettre", a fustigé la républicaine Nan Hayward.

Les démocrates ont peu d'espoir de remporter ce vote: leurs rivaux sont majoritaires à la Chambre depuis novembre 2010 et certains démocrates sont prêts à rallier leur cause à l'approche des élections législatives de novembre.

"Nous allons perdre. Les républicains vont voter en bloc", a indiqué mardi à la presse le numéro deux des démocrates de la Chambre, Steny Hoyer. L'élu a aussi reconnu que des démocrates feraient défection en votant en faveur de l'abrogation.

"Je pense que nous en perdrons quelques uns comme ce fut déjà le cas, (mais) pas beaucoup", a-t-il dit, faisant référence à un vote similaire début 2011.

Les républicains, eux, veulent voir dans ces défections du bon sens politique. "Les démocrates entendent sur leurs terres que cette loi fait du tort aux petites entreprises", a estimé Kevin McCarthy, élu républicain de Californie.

Selon eux, la réforme d'Obama fait peser un coût supplémentaire sur les entreprises, et dès l'annonce de la décision de la Cour suprême, ils avaient repris le combat.

"Si nous voulons nous débarrasser de la loi d'Obama, il faut remplacer le président Obama", a plaidé M. Romney, qui a promis que s'il était élu il abrogerait la réforme dès le premier jour.

De son côté, le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, Eric Cantor, a écrit lundi sur son compte Twitter: "Il est temps de mettre fin aux promesses non tenues d'Obamacare (surnom péjoratif donné par les républicains à la loi du président, NDLR). Mercredi, la Chambre votera pour abroger la loi".

Vote symbolique

La Chambre a déjà voté l'abolition du texte peu après la victoire des républicains aux législatives de novembre 2010. Mais le Sénat, où les démocrates ont conservé la majorité, n'a pas donné suite.

Outre le barrage de la chambre haute, les républicains se trouvent face à la menace d'un veto présidentiel, brandie lundi soir par la Maison Blanche. Annuler cette réforme "augmenterait le déficit et distrairait le Congrès du travail qu'il doit effectuer sur l'économie et les créations d'emplois", a prévenu l'exécutif.

Seul un changement de président et de majorité au Sénat après les élections du 6 novembre pourraient produire le résultat escompté par le camp conservateur.

Les républicains font donc activement campagne pour regagner le Sénat. Dans un message à ses partisans, le sénateur Marco Rubio explique que les républicains --qui disposent de 47 sièges sur 100 à la chambre haute-- ont besoin de "13 voix (soit 13 sièges de sénateurs) à travers le pays pour l'abrogation".

En effet, il faut une majorité qualifiée de 60 sénateurs pour passer outre toute opposition. M. Rubio appelle ainsi à soutenir Josh Mandel, dans l'Ohio (nord), qui a "juré d'abroger la réforme santé s'il est élu".

Lundi, le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, a qualifié le vote de mercredi de "vote spectacle". "Le Sénat va adopter une attitude différente. Nous allons essayer d'être productifs, concentrés sur l'emploi", a-t-il déclaré.

© 2012 AFP
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