L'ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert a été jugé coupable dans une affaire de corruption mardi par le Tribunal de district de Jérusalem qui l'a en revanche acquitté de cette même charge dans deux autres dossiers, au terme d'un retentissant procès.
L'ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert a été jugé coupable dans une affaire de corruption mardi par le Tribunal de district de Jérusalem qui l'a en revanche acquitté de cette même charge dans deux autres dossiers, au terme d'un retentissant procès. - Ariel Schalit afp.com

© 2012 AFP

L'ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert a été jugé coupable dans une affaire de corruption mardi par le Tribunal de district de Jérusalem qui l'a en revanche acquitté de cette même charge dans deux autres dossiers, au terme d'un retentissant procès.

M. Olmert est passible de prison et les délibérations sur la sentence débuteront le 5 septembre, a précisé le tribunal de trois juges.

M. Olmert a été jugé coupable de corruption dans l'affaire dite du "Centre d'investissement", un organisme officiel par le biais duquel il a favorisé des prêts et des garanties officielles au profit de sociétés gérées par Uri Messer, son ex-associé dans un cabinet d'avocats, alors qu'il était ministre du Commerce et de l'Industrie (2003-2006).

"L'accusé éprouvait beaucoup d'affection pour M. Messer, et s'est préoccupé de lui. Il s'agit d'un conflit d'intérêts", a affirmé le jugement dans un de ses attendus. Ce jugement compte plus de 700 pages, et quelque 280 témoins ont été entendus en plus de deux ans.

Selon Moshé Hanegbi, expert des affaires juridiques de la radio publique, la sentence pourrait être considérée comme infamante, ce qui invaliderait pendant sept ans l'éventuel retour à la vie politique de M. Olmert.

En outre, le 5 janvier 2012, M. Olmert a également été inculpé de corruption dans le cadre d'un énorme scandale immobilier à Jérusalem, dans l'affaire dite du projet "Holyland", alors qu'il était maire de la ville.

Pas moins de quinze autres ex-hauts responsables de la municipalité figurent au banc des accusés dans ce très retentissant procès toujours en cours.

L'ancien chef de gouvernement peut cependant se réjouir d'avoir été acquitté mardi "au bénéfice du doute" pour les affaires "Talansky" et "Rishon Tours", dans lesquelles il répondait également de corruption.

"Les affaires Talansky et Rishon Tours étaient au coeur des accusations portées contre moi, et j'ai été lavé dans ces deux affaires. Tout était faux", a déclaré aux journalistes M. Olmert après l'énoncé du jugement.

Il a par ailleurs minimisé sa culpabilité dans l'affaire du Centre d'investissements, estimant que selon le jugement elle relevait d'"un comportement erroné (de sa part) au regard de la procédure".

Les faits qui étaient reprochés à M. Olmert remontent à l'époque où il était maire de Jérusalem (1993-2003) puis ministre de l'Industrie et du Commerce jusqu'en janvier 2006.

Dans le dossier Morris Talansky, l'ancien chef de gouvernement était accusé d'avoir reçu de cet hommes d'affaires juif américain des centaines de milliers de dollars en liquide pour monnayer ainsi son influence en tant que ministre du Commerce et de l'Industrie.

M. Olmert a d'autre part été blanchi dans l'affaire dite de l'agence de voyages "Rishon Tours". Il était accusé de s'être fait rembourser plusieurs fois des vols à l'étranger en présentant séparément des factures à l'Etat et des organisations de bienfaisance pour un seul et même voyage.

Se disant victime d'une "chasse aux sorcières", M. Olmert a toujours clamé son innocence, et ses avocats ont publiquement appelé après le verdict le Parquet "à faire son examen de conscience".

Ancien dirigeant du parti centriste Kadima, M. Olmert a dû démissionner de ses fonctions de chef du gouvernement le 21 septembre 2008 après que la police eut recommandé son inculpation dans cette série d'affaires.

M. Olmert a souvent eu maille à partir avec la justice, ce qui lui a valu d'être qualifié par les médias israéliens de "suspect en série", et s'en est jusqu'ici toujours sorti.

Dans le passé, d'autres personnalités politiques israéliennes de premier plan se sont déjà retrouvées derrière les barreaux, notamment l'ex-président Moshé Katzav et l'ex-ministre des Finances Avraham Hirshson qui purgent encore respectivement 7 ans de prison ferme pour viols, et 5 ans et 5 mois pour détournements de fonds publics.