Espagne: crise oblige, les fêtards de la San Fermin sont un peu moins dépensiers

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Publié le 8 juillet 2012.

PAMPELUNE - La crise économique n'épargne personne en Espagne: même les très populaires fêtes de la San Fermin en souffrent, alors que les touristes venus assister aux spectaculaires lâchers de taureaux font tout pour réduire leurs dépenses.

Certes, des centaines de milliers de fêtards du monde entier sont bien au rendez-vous, prêts à dévaler aux côtés des bovins les ruelles pavées de Pampelune, dans le nord du pays.

Mais les hôtels se plaignent de réservations en baisse. Bars et restaurants font eux aussi grise mine.

Car le pays, englué dans la récession et miné par un taux de chômage record (24,44%), peine à se relever depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

Et même si elles attirent beaucoup de visiteurs étrangers, les fêtes taurines de la San Fermin, les plus réputées d'Espagne, devraient vivre cette année leur pire édition en termes de recettes depuis le début de la crise, prédisent les commerçants de la ville.

"Nous avons vraiment senti un impact", témoigne Luis Armendariz, patron du café Iruna, une brasserie de style parisien autrefois fréquentée par l'écrivain Ernest Hemingway, tombé amoureux de la San Fermin, qu'il a rendue mondialement célèbre dans son roman "Le soleil se lève aussi" (1926).

Luis s'attend à des ventes en chute de 15 à 20% par rapport à l'an dernier, même si devant son comptoir, se pressent une foule de participants, vêtus de la traditionnelle tenue blanche, foulard rouge au cou.

"Il y a moins de monde, mais ce qui nous affecte vraiment, ce sont ceux qui boivent dans la rue" au lieu de consommer au café, note le gérant de 48 ans.

Crise oblige, nombreux sont ceux qui ont préféré amener leurs propres sandwichs et acheter leur sangria ou leur bière en supermarché, pour moins dépenser pendant ces fêtes, prévues jusqu'au 14 juillet.

Dans le centre historique de Pampelune, les squares sont envahis de ces visiteurs "low-cost": c'est le cas d'Israel Jimenez, 26 ans, et de Rafael Gonzalez, 23 ans, deux militaires venus de Séville (sud), qui racontent avoir été découragés par les prix, montés en flèche ces jours-ci, dans les bars et restaurants de la ville.

Ce qui ne les empêche pas de vouloir en profiter: "nous penserons à la crise demain", dit Israel, assis sur un banc à côté de son ami: "Il faut vivre au jour le jour et se sentir heureux d'être ici, parce que c'est pour cela que nous sommes venus."

La municipalité de Pampelune reste elle aussi optimiste, tablant sur un demi-million de visiteurs pendant les neuf jours de célébrations, soit à peu près autant que les autres années: de quoi doper l'économie de cette ville de 200.000 habitants.

Pendant ces fêtes, généralement très arrosées, les bars peuvent rester ouverts jusqu'à 6h du matin, ce qui permet à la San Fermin de représenter un tiers du chiffre d'affaires annuel pour certains établissements du centre.

La ville espère ainsi engranger au total environ 70 millions d'euros.

Mais les hôteliers ne partagent pas cet enthousiasme. L'association de professionnels de la région prévoit des réservations en baisse de 10% par rapport à 2011.

Selon son secrétaire général Nacho Calvo, les visiteurs sont moins nombreux à rester plus d'une journée et ceux qui le font restent moins longtemps, pour économiser: la majorité ne réserve ainsi que pour deux nuits.

"Il y a un manque de promotion de ce festival par les autorités régionales", se plaint Nacho Calvo.

"Les fêtes (de la San Fermin) sont très connues mais il faut défendre la marque et cela n'est pas fait", regrette-t-il.

La rigueur est en effet le mot d'ordre général en Espagne, alors que le pays est engagé dans une course à la réduction de son déficit public: pour la quatrième année consécutive, le budget de la San Fermin a été réduit, cette fois de 8% par rapport à 2011, à 2,4 millions d'euros.

© 2012 AFP
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