Le président syrien, Bachar al-Assad, et le vice-ministre des Affaires étrangères russe, Mikhail Bogdanov, à Damas, le 29 août 2011.
Le président syrien, Bachar al-Assad, et le vice-ministre des Affaires étrangères russe, Mikhail Bogdanov, à Damas, le 29 août 2011. - HO/AP/SIPA

avec AFP

Un exil russe pour Bachar al-Assad? Les Occidentaux persuaderaient Moscou d'accorder l'asile politique au président syrien, après qu'un accord international a été conclu samedi à Genève sur les principes d'une transition politique en Syrie, écrit ce mercredi le quotidien russe Kommersant.

«Les pays occidentaux, et tout d'abord, les Etats-Unis déploient des efforts actifs pour persuader Moscou de prendre le dirigeant syrien et de lui accorder l'asile politique», indique le journal, citant une source diplomatique russe. Mais «nous n'avions pas et n'avons pas de projets de prendre Assad» en Russie, a affirmé cette source. De son côté, une source diplomatique occidentale n'a ni confirmé, ni démenti à Kommersant les informations sur cette «proposition insistante» qui aurait été faite à Moscou.

Accord sur les principes d'une transition

Samedi à Genève, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne) ainsi que la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe se sont accordés sur les principes d'une transition en Syrie, où la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad est devenue un conflit armé.

Même si le nom du président syrien ne figure pas dans cet accord, le document stipule qu'il revient aux Syriens de déterminer leur avenir, et «il n'y a aucune chance qu'ils lui permettent de continuer» à rester au pouvoir, selon la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, citée par le journal. Ainsi, les Etats-Unis interprètent l'adoption de ce texte comme un «accord indirect de Moscou pour le départ d'al-Assad», affirme Kommersant.

Le président syrien, jusqu'ici fermement opposé à son départ, a lui-même «pour la première fois laissé clairement entendre qu'il était prêt à quitter son poste (...), si cela pouvait aboutir au règlement du conflit», dans une interview publiée mardi au quotidien turc Cumhuriyet, rappelle le journal. «Ainsi, le déménagement de Bachar al-Assad dans un autre pays, y compris en Russie, ne paraît pas très improbable», ajoute-t-il.