Le Groupe d'action sur la Syrie a trouvé un accord sur les principes d'une transition dans le pays, mais la presse officielle syrienne et un groupe d'opposants l'ont qualifié d'échec, et les violences sur le terrain ont rappelé qu'il serait difficilement applicable.
Le Groupe d'action sur la Syrie a trouvé un accord sur les principes d'une transition dans le pays, mais la presse officielle syrienne et un groupe d'opposants l'ont qualifié d'échec, et les violences sur le terrain ont rappelé qu'il serait difficilement applicable. - Fabrice Coffrini afp.com

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Le Groupe d'action sur la Syrie a trouvé un accord sur les principes d'une transition dans le pays, mais la presse officielle syrienne et un groupe d'opposants l'ont qualifié d'échec, et les violences sur le terrain ont rappelé qu'il serait difficilement applicable.

Les membres du Groupe d'action eux-mêmes ont divergé sur l'interprétation de l'accord, les Etats-Unis estimant qu'il ouvrait la voie à l'ère «post-Assad», tandis que la Russie et la Chine, alliés du président Bachar al-Assad, réaffirmaient qu'il revenait aux Syriens de choisir leur avenir.

Violences

Au même moment, une explosion, vraisemblablement provoquée par un obus, a tué 30 personnes qui participaient à un cortège funéraire à Zamalka, à 10 km à l'est de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Au total, les violences ont fait plus de 120 morts à travers le pays samedi, et dimanche matin, l'OSDH déplorait déjà la mort de cinq civils dans la région de Hama et d'un rebelle dans celle de Deir Ezzor.

Ni les autorités syriennes ni les principales organisations de l'opposition n'ont encore officiellement réagi à l'accord conclu à Genève, qui prévoit en particulier un gouvernement de transition pouvant inclure des membres du gouvernement actuel. Mais les Comités locaux de coordination (LCC) ont estimé que les «tournures obscures» employées dans l'accord permettaient au régime «de jouer avec le temps pour réprimer le mouvement de révolution populaire et le faire taire par la violence et les massacres».

Un «échec»

«La communauté internationale a une fois de plus échoué à adopter une position commune pour faire cesser les crimes du régime d'Assad», ont insisté les LCC dans leur communiqué. La presse officielle syrienne a elle aussi parlé d'«échec». «La réunion du Groupe d'action sur la Syrie à Genève hier ressemblait à une réunion élargie du Conseil de sécurité de l'ONU, où les positions des participants sont restées les mêmes», selon le journal du parti au pouvoir.

«Aucun règlement de la crise n'aboutira s'il n'est pas basé sur l'avis du peuple syrien, source de la légalité. Les Syriens sont capables d'engager un dialogue national où il n'y a pas de place pour les pays voisins et les autres pays plus lointains, en particulier ceux qui incitent à tuer les Syriens», insiste un éditorial du journal.

Le Conseil de sécurité saisi pour donner plus de poids à l'accord

Désormais, le Conseil de sécurité devrait être saisi pour donner plus de poids à l'accord, qui prévoit ensuite l'application du cessez-le-feu officiellement en vigueur depuis le 12 avril, ainsi que la nomination de représentants du gouvernement et de l'opposition pour préparer la transition. Kofi Annan a indiqué qu'il comptait se rendre à Damas mais qu'aucune date n'avait encore été fixée.

En plus de 15 mois de révolte, la répression et, depuis quelques mois, les combats entre armée et rebelles ont fait plus de 15.800 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH, basée au Royaume-Uni et s'appuyant sur un réseau de militants et de témoins. Depuis deux semaines, les bilans quotidiens fournis pas l'OSDH dépassent souvent, et parfois largement, la centaine de morts.