Roumanie: incarcération de l'ex-Premier ministre, un tournant dans la lutte anticorruption

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Publié le 26 juin 2012.

BUCAREST - L'ancien Premier ministre roumain Adrian Nastase, qui avait tenté de se suicider après avoir été condamné à deux ans de prison ferme pour corruption, a été incarcéré mardi dans un hôpital pénitentiaire de Bucarest, un nouveau tournant dans la lutte contre ce fléau en Roumanie.

Hissé sur une civière et esquissant un sourire ironique, M. Nastase a quitté l'hôpital des urgences de Bucarest à bord d'une ambulance, sous les flash des nombreux photographes présents sur place, selon des images retransmises en direct par les chaînes de télévision.

Premier ministre entre 2000 et 2004, il avait été condamné mercredi dernier par la Cour suprême pour avoir détourné plus de 1,5 million d'euros pour sa campagne électorale.

Ce jugement a été décrit par des experts de la lutte anticorruption comme "une avancée" majeure dans la lutte contre l'impunité des puissants dans un pays où la justice a longtemps été accusée de faire traîner les procès de hauts responsables.

L'ex-Premier ministre, le plus haut responsable politique condamné à ce jour pour des faits de corruption depuis la chute du régime communiste, a toujours clamé son innocence, se disant victime d'un procès politique.

Il avait tenté de se suicider mercredi dernier dans sa résidence de Bucarest, quelques heures après l'annonce du verdict, et avait été transporté à l'hôpital des urgences de la capitale.

Opéré le lendemain, son état de santé avait été décrit comme stable par les médecins, qui se sont par la suite refusés à tout détail sur son évolution post-opératoire.

Saisi par la police, le tribunal de Bucarest a constaté mardi qu'il n'y avait "aucun obstacle" à l'incarcération de M. Nastase, ouvrant la voie à son transfert vers l'hôpital pénitentiaire de Rahova.

Le parquet anticorruption (DNA) a de son côté annoncé avoir entamé des poursuites contre trois policiers et un médecin soupçonnés d'avoir aidé M. Nastase à se soustraire à l'incarcération, en exagérant la gravité des blessures qu'il s'était infligées.

Le médecin visé est Serban Bradisteanu, un des chirurgiens les plus réputés de Roumanie et l'un des trois à s'être occupés de M. Nastase à l'hôpital, selon les procureurs.

Zones d'ombre

Les responsables de la police ont pour leur part été convoqués au Parquet pour être entendus dans cette affaire.

"Les documents médicaux et la manière dont ils ont été transmis sont en train d'être vérifiés", a indiqué le procureur général de Roumanie, Laura Codruta Kovesi, soulignant qu'il existait des suspicions quant aux diagnostics établis.

De nombreuses zones d'ombre entourent toujours les circonstances de la tentative de suicide de M. Nastase et la portée des blessures.

Selon la police, l'un des deux policiers présents sur les lieux aurait détourné le pistolet au moment où M. Nastase l'avait tourné contre lui-même, avant de plaquer au sol l'acien Premier ministre.

Un ambulancier parlant sous couvert d'anonymat a indiqué au quotidien Romania Libera que "la blessure subie par M. Nastase n'a pas été profonde, la balle l'a égratigné à peine. Il n'a eu besoin que d'un simple pansement".

L'avocat de l'un des policiers poursuivis a de son côté déclaré aux journalistes que, selon son client, M. Nastase avait été atteint superficiellement par la balle et avait changé lui-même sa chemise, tachée de sang, avant d'être transporté à l'hôpital.

Lundi, pressés par la police de dire si M. Nastase pouvait être transféré dans un hôpital pénitentiaire, les chirurgiens qui l'ont opéré ont évité de se prononcer, appelant l'Institut médico-légal (IML) à trancher.

© 2012 AFP
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