Un nouveau cycle nocturne de négociations n'a pas réussi à débloquer mardi le face à face entre policiers boliviens grévistes qui campent depuis six jours sous les fenêtres du palais présidentiel et les représentants du gouvernement d'Evo Morales déterminé à éviter tout dérapage.
Un nouveau cycle nocturne de négociations n'a pas réussi à débloquer mardi le face à face entre policiers boliviens grévistes qui campent depuis six jours sous les fenêtres du palais présidentiel et les représentants du gouvernement d'Evo Morales déterminé à éviter tout dérapage. - Jorge Bernal afp.com

© 2012 AFP

Un nouveau cycle nocturne de négociations n'a pas réussi à débloquer mardi le face à face entre policiers boliviens grévistes qui campent depuis six jours sous les fenêtres du palais présidentiel et les représentants du gouvernement d'Evo Morales déterminé à éviter tout dérapage.

La tension dans la capitale bolivienne a toutefois baissé après la décision des organisateurs d'une marche d'indiens amazoniens opposés à un projet routier à travers une réserve naturelle de repousser leur arrivée dans la capitale.

"Nous n'avons rien à faire avec les histoires de la police", a assuré le dirigeant de la marche à l'AFP, Fernando Vargas, démentant les accusations gouvernementales de scénario de fraternisation avec les policiers grévistes.

De nouvelles discussions sont prévues dans la journée avec les policiers au sixième jour d'un conflit qui s'est répandu dans huit des neuf provinces boliviennes et qui allume un nouveau foyer dans un climat social agité depuis plusieurs mois par la mobilisation de divers secteurs sociaux (mineurs, médecins, policiers, indigènes...)

"Nous sommes prêts au dialogue, nous ne voulons pas de confrontation", a assuré Esther Corzon, qui fait partie des représentants des policiers participant aux négociations.

Pour sa part, le ministre de l'intérieur Carlos Romero a indiqué que le gouvernement voulait "freiner une escalade de violence pour éviter des morts lors d'affrontements".

"Il y a des forces obscures avec des intentions putschistes", a assuré lundi le vice-président Alvaro Garcia, désignant des mouvements de droite sans toutefois les nommer et affirmant qu'ils voulaient "ensanglanter la famille bolivienne".

"Le gouvernement a suffisamment de patience pour ne pas tomber dans la provocation", a-t-il ajouté.

"La situation des policiers est misérable"

Les policiers grévistes restent retranchés sur la Place d'Armes, rebaptisée "kilomètre zéro", au coeur de la capitale et centre névralgique du pouvoir où se trouve le palais présidentiel et le Parlement.

Les grévistes affirment vouloir "seulement un salaire digne" et réclament notamment un minimum de 2.000 bolivianos (quelque 287 dollars, soit 70% de plus de ce qu'ils perçoivent actuellement), la retraite avec plein salaire et l'annulation de la loi leur interdisant de manifester.

Selon des analystes, un malaise agite la police bolivienne qui se sent maltraitée par rapport aux soldats des forces armées. "La situation des policiers est misérable, avec des salaires très bas et de mauvaises conditions de travail", relève pour l'AFP Carlos Toranzo, analyste politique.

"Les policiers estiment que le gouvernement est l'allié des forces armées et que les soldats reçoivent un meilleur traitement et toutes sortes d'avantages", poursuit-il.

L'animosité des policiers envers le président Morales n'est pas nouvelle et a été alimentée par le fait que, depuis son arrivée au pouvoir, il leur a retiré la responsabilité d'attribuer les permis de conduire et les cartes d'identités, un maillon clé dans la chaîne de corruption de l'institution, selon les autorité.

Les policiers grévistes poursuivent également leur occupation d'une caserne de l'Unité tactique d'opérations policières (police anti-émeutes) au centre de La Paz, dont ils avaient délogé les occupants en début de semaine lors d'une opération qui avait dégénéré en violences entre collègues avec un bilan d'au moins trois blessés.

Malgré l'absence notoire de policiers dans les rues de la capitale bolivienne qui abrite un million d'habitants, et les rideaux fermés des banques, les commerces et les bureaux fonctionnaient normalement mardi et les "Pacenos" vaquaient à leurs occupations.