Des dizaines de résidents du quartier d'Oulpana dans la colonie de Beit El, en Cisjordanie, ont commencé mercredi à évacuer dans le calme leurs logements, à la suite d'une décision de justice ordonnant la destruction de ces habitations illégales.
Des dizaines de résidents du quartier d'Oulpana dans la colonie de Beit El, en Cisjordanie, ont commencé mercredi à évacuer dans le calme leurs logements, à la suite d'une décision de justice ordonnant la destruction de ces habitations illégales. - Menahem Kahana afp.com

© 2012 AFP

Des dizaines de résidents du quartier d'Oulpana dans la colonie de Beit El, en Cisjordanie, ont commencé mercredi à évacuer dans le calme leurs logements, à la suite d'une décision de justice ordonnant la destruction de ces habitations illégales.

L'évacuation de 15 des 30 familles vivant à Oulpana, près de Ramallah, s'est déroulée sans incident, a constaté l'AFP.

Des employés du ministère de la Défense ont aidé les colons à déménager dans des structures provisoires construites à proximité.

La Cour suprême d'Israël a ordonné le démantèlement d'ici le 1er juillet de 30 appartements situés dans cinq bâtiments bâtis sur des terres privées palestiniennes à Oulpana. Trois autres familles juives installées dans des caravanes à proximité ont également reçu l'ordre de partir.

Les colons ont accepté de quitter pacifiquement leurs domiciles selon un accord conclu la semaine dernière avec le gouvernement Netanyahu prévoyant en échange la construction de 300 nouveaux appartements à Beit El.

Les maisons évacuées ne seront pas détruites mais déplacées. Une solution qui est cependant loin de contenter tous les résidents d'Oulpana, dont certains portaient des T-shirts noirs avec l'inscription "Nous reviendrons".

"Je ne suis pas évacué, je suis expulsé de ma maison. Je suis extrêmement déçu par ce gouvernement qui ruine l'existence de 30 familles sans raison valable. Ce gouvernement nous a trahi", a déclaré Amir Israeli, un colon, à un journaliste de l'AFP.

Malgré ce mécontentement, aucun incident ne s'est produit pendant l'évacuation à laquelle l'armée et la police n'ont pas participé.

"Le ministère de la Défense a investi beaucoup de temps et d'énergie à coordonner (l'évacuation) avec les responsables locaux. Je pense que cela paye aujourd'hui", a expliqué un porte-parole du ministère à l'AFP.

Le gouvernement craignait la répétition de violences comparables à celles qui avaient présidé à l'évacuation des colonies de Goush Katif, dans la bande de Gaza, en août 2005, et à la colonie sauvage d'Amona en février 2006.

Les 18 familles encore à Oulpana doivent être évacuées jeudi. La plupart d'entre elles déménageront à Beit El et dans d'autres localités israéliennes.

Début juin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a bloqué une proposition de loi qui aurait évité l'évacuation en autorisant a posteriori des habitations de colons construites sur des terres privées palestiniennes.

Le même jour, il a promis la construction de 851 nouveaux logements en Cisjordanie, dont 300 à Beit El.

Le gouvernement a demandé la semaine dernière à la Cour suprême d'Israël trois mois supplémentaires pour déplacer les immeubles de leur site actuel. La Cour n'a pas encore donné sa réponse.

Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies sont illégales, qu'elles aient ou non été autorisées par le gouvernement.

Plus de 340.000 colons israéliens vivent en Cisjordanie occupée et quelque 200.000 dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est occupé et annexé.