Mohammed Morsi, le nouveau président égyptien.
Mohammed Morsi, le nouveau président égyptien. - ALFRED / SIPA

Vue d'Israël, l'élection de l'islamiste Mohammed Morsi soulève des inquiétudes. Elle est en effet susceptible de déstabiliser la région. Officiellement, le nouveau président a affirmé qu'il souhaitait respecter les traités internationaux signés par son pays. Mais dans un entretien publié par l'agence iranienne Fars, que la présidence a nié avoir donné, il affirme qu'il souhaite « réviser » les accords de paix de 1979 avec Israël. Il annonce aussi vouloir un renforcement des relations entre l'Egypte et l'Iran, rompues depuis trente ans, pour « créer un (nouvel) équilibre stratégique régional ».

Amitié nouvelle avec l'Iran
Sous Hosni Moubarak, Téhéran était considéré comme un élément déstabilisateur au Moyen-Orient. L'amitié nouvelle entre les deux pays relève avant tout de l' « affichage », selon François Géré, directeur de l'Institut français d'analyses stratégiques (Ifas), « avec l'objectif égyptien d'être le soutien privilégié de la cause palestienne, principal appui du Hamas, lui aussi sunnite » et déjà soutenu par l'Iran (chiite) anti-israélien.
Autre enjeu : le conflit syrien en cours et la possibilité d'une solidarité entre les Frères musulmans égyptiens et les forces d'opposition en Syrie, avec des risques d'aggravation du conflit puisque l'armée égyptienne pourrait, elle, se ranger derrière Bachar al-Assad. « Pour les Occidentaux, c'est une impasse, précise François Géré. Ils sont obligés de saluer les premières élections libres d'Egypte, mais redoutent ses conséquences, parmi lesquelles le scénario du basculement de la Syrie vers un islamisme radical. »Lucie Romano