La Bolivie célèbre la nouvelle année 5520 du calendrier aymara

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Publié le 21 juin 2012.

LA PAZ - Bras levés, paumes ouvertes vers le ciel, les Indiens aymaras, première ethnie de Bolivie, ont célébré jeudi la nouvelle année de leur calendrier millénaire dans des sites sacrés, dont la Vallée de la Lune près de La Paz, au spectaculaire paysage sculpté par l'érosion.

"Jallala Tata Inti!" (Nous te saluons, Père Soleil), lance d'une voix forte le "amauta" (prêtre aymara) Lino Quispe, alors que les premières lueurs de l'astre commencent à filtrer derrière la montagne.

Un brûle-parfum répand des senteurs aromatiques, dans l'air glacial (-3°), là où vivent les esprits bienfaiteurs, et la musique des flûtes devient lancinante.

La Vallée de la Lune, à 10 kilomètres au sud de La Paz et à plus de 3.500 mètres d'altitude, est l'un des 80 sites sacrés de Bolivie où les Aymaras fêtent chaque année le solstice d'hiver, le "Willkakuti", ou retour du soleil, qui marque pour eux le début de la nouvelle année.

Un jour férié depuis l'élection d'Evo Morales

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Evo Morales, le premier président amérindien de Bolivie, de l'ethnie Aymara, la fête a été décrétée jour férié.

Les "amautas" préparent l'offrande rituelle destinée à la divinité solaire, selon la cosmologie andine, qui renaît chaque année pour donner "une nouvelle chance de renouvellement cosmique", indique à l'AFP Felix Mendoza, professeur de Théologie Andine à l'Université Tawantinsuyo.

Pendant ce temps, le chaman Calixto Quilla, vêtu d'un poncho rouge et coiffé d'un chapeau bigarré, un petit sac tissé sur la poitrine, prépare deux offrandes: l'une pour la purification où prédomine la couleur blanche, et l'une pour la bénédiction, aux couleurs vives.

Les offrandes sont composées d'herbes aromatiques, de graisse d'animal, de sucreries, de bouts de laine, d'encens, de feuilles de coca, de bois parfumés et d'un "sullu" (foetus de lama) décoré de laine colorée.

Aux premières lueurs du jour après avoir invoqué les esprits et arrosé abondamment les offrandes avec de l'alcool, le chaman les dépose sur des braises.

"Le feu et le soleil doivent se rencontrer", relève-t-il avant de murmurer des prières en aymara invoquant le vent pour conquérir les dieux et recevoir l'Inti Tata.

Le soleil se lève enfin à 07H02 locale et darde ses rayons sur le site 18 minutes plus tard.

La centaine de participants à la cérémonie agitent leur "whipalas", le drapeau indigène à damiers multicolores, et lancent des cris de joie ponctués de "Jallalla" saluant le "Père-Soleil" et la "Terre-Mère".

Plus de cinquante sites à travers le pays ont observé des rituels semblables, marquant le début de l'année 5520 et coïncidant avec le début des semailles.

A Tiwanaku, un impressionnant complexe pré-inca, centre spirituel et lieu sacré pour les Indiens des Andes, situé à 3.800 mètres d'altitude, à quelque 80 kilomètres de La Paz, la cérémonie s'est déroulée en présence notamment du vice-président Alvaro Garcia et du gouverneur local, César Cocarico.

Le calcul peu orthodoxe de l'année 5520 représente la somme des cinq cycles (chacun un millier d'années) de l'histoire des peuples autochtones jusqu'au début de la conquête espagnole en 1492.

Ensuite on soustrait 1492 à 2012, l'année en cours, soit 520 ans ajoutés aux 5.000 antérieurs.

© 2012 AFP
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