Les grandes puissances se lancent dans un ultime effort pour obliger Bachar al-Assad à accepter une solution diplomatique à la crise en Syrie, tout en envisageant aussi de nouvelles sanctions ou un retrait de la mission d'observateurs sur place.
Les grandes puissances se lancent dans un ultime effort pour obliger Bachar al-Assad à accepter une solution diplomatique à la crise en Syrie, tout en envisageant aussi de nouvelles sanctions ou un retrait de la mission d'observateurs sur place. - Louai Beshara/Archives afp.com

© 2012 AFP

Les grandes puissances se lancent dans un ultime effort pour obliger Bachar al-Assad à accepter une solution diplomatique à la crise en Syrie, tout en envisageant aussi de nouvelles sanctions ou un retrait de la mission d'observateurs sur place.

L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, Kofi Annan, espère rassembler la Russie, alliée historique de la Syrie, les Etats-Unis et d'autres puissances pour mener des négociations avec le président syrien sur l'avenir de son pays, ont indiqué des diplomates et des responsables de l'ONU.

D'après eux, M. Annan compte dévoiler sa feuille de route lors d'une réunion à Genève, le 30 juin.

De son côté, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a évoqué cette question à Rio, en marge du sommet sur le développement durable cette semaine, avec deux alliés de la Syrie: le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton s'est elle entretenue avec M. Annan mercredi et a déclaré que celui-ci préparait "la feuille de route d'une transition politique" pour la Syrie, où les violences depuis plus d'un an ont fait 15.000 morts, selon des ONG.

"Il va proposer une nouvelle solution aux Russes, aux Turcs et à d'autres groupes concernés pour tenter de leur faire accepter cette feuille de route", a expliqué Mme Clinton à la presse.

Elle a assuré que la publicité accordée à cette démarche devait permettre "d'augmenter la pression pas seulement sur le régime Assad mais aussi sur l'opposition".

Dans le cadre de ce processus, M. Annan a mené ces derniers jours des "consultations intenses" avec Hillary Clinton et des ministres d'autres "pays-clé", a indiqué à l'AFP le porte-parole de Kofi Annan, Ahmad Fawzi.

M. Annan et le chef de la mission d'observation en Syrie (Misnus), le général Robert Mood, vont tenir une conférence de presse à Genève vendredi pour dévoiler plus de détails sur ce plan de paix actuellement mis en échec.

Le Conseil de sécurité divisé Ban Ki-moon va s'exprimer le 2 juillet sur l'avenir des observateurs en Syrie, dont la mission a été récemment suspendue en raison de la violence, et dont le mandat s'achève théoriquement le 20 juillet. Par ailleurs, une réunion des Amis de la Syrie aura lieu à Paris le 6 juillet.

Si tous les pays du Conseil de sécurité ont soutenu le plan de M. Annan, le Conseil reste divisé sur une solution pour mettre fin aux violences. La Russie et la Chine se sont ainsi opposées deux fois à des résolutions évoquant des sanctions contre le régime syrien.

Washington, Paris et Londres travaillent depuis à une résolution qui imposerait des sanctions si le plan en six points de M. Annan n'est pas respecté.

La Russie refuse en tout cas toute intervention militaire comme celle menée en Libye. Mais des discussions menées en marge du G20 cette semaine au Mexique laissent penser que le président russe Vladimir Poutine a modifié sa position et que des sanctions seraient possibles.

Quant à l'avenir de la Misnus, le chef des Casques bleus à l'ONU, Hervé Ladsous, a proposé plusieurs possibilités, selon des responsables présents à une réunion du Conseil de sécurité mardi: prolonger la mission, armer les observateurs ou leur envoyer des agents de protection, réduire la mission en baissant le nombre de militaires ou en ne gardant que le personnel civil, ou encore l'arrêter totalement.

"Nous nous dirigeons vers un point de non-retour", a confié un diplomate sous couvert d'anonymat. "A moins que quelque chose d'extraordinaire ne se passe, les opérations de la Misnus risquent de devenir intenables, et donc le plan de Kofi Annan en serait évidemment affecté".