Rio+20: la société civile monte au créneau pour dénoncer "l'échec" du sommet de l'ONU

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Publié le 22 juin 2012.

RIO DE JANEIRO - La société civile, furieuse devant "l'échec" et "l'absence" d'engagements du sommet de l'ONU, est montée au créneau jeudi, au deuxième jour du sommet de l'ONU Rio+20, alors que les chefs d'Etat et de gouvernement continuaient à défiler à la tribune.

Plusieurs grandes organisations de la société civile, dénonçant la faiblesse du document final, ont affirmé qu'elles se battraient avec d'autant plus d'énergie pour la nature et contre la pauvreté.

Daniel Mittler (Greenpeace), considérant le résultat de Rio+20 comme "désastreux", a dit sa "déception" et sa "colère", tout en estimant que "l'échec de Rio+20 donnera aux gens plus d'énergie pour se mobiliser et se battre pour la planète".

"On ne va pas rester tranquilles, il est temps pour nous de mobiliser pour que les gens que nous avons élus rendent des comptes", a dit Sharon Burrow (Confédération internationale des syndicats), lors d'une conférence de presse qui réunissait plusieurs organisations.

"On ne change pas le monde avec un document mais avec de l'action", a lancé Peter Lehner (National Resources Defense Council, NRDC), en allusion au texte final du sommet que devraient signer les chefs d'Etat et de gouvernement vendredi.

"Si vous regardez Rio comme un rassemblement de peuples et non comme un document, vous constatez qu'il y a beaucoup d'énergie, c'est à nous de prendre l'énergie des gens d'ici et de la transformer en action", a-t-il ajouté.

A la tribune du sommet, les représentants des 191 pays membres de l'ONU présents à Rio continuaient à défiler avec des appels à une action rapide pour sauver la planète et réduire les inégalités dans le monde.

Le président équatorien Rafael Correa a tranché avec les discours ronronnants en soulignant que les 20% de pays les plus riches génèrent 60% des émissions de gaz à effet de serre, tandis que les 20% les plus pauvres en générent 0,72%.

"Le problème n'est pas technique, il est politique", a-t-il dit à l'AFP. "Mais vu les rapports de pouvoir sur la planète, il va être très difficile de parvenir à des compromis avec les grand pays pollueurs".

Loin des discours ronronnants, le président bolivien Evo Morales a estimé quant à lui que l'économie verte était "un nouveau colonialisme" que les pays riches voulaient imposer aux pays en développement. "Les ressources naturelles appartiennent au peuple, elles ne peuvent être l'affaire des compagnies transnationales", a-t-il dit.

Les Indiens sont allés dans le même sens en demandant aux dirigeants de la planète de protéger la Mère Terre et en rejetant l'économie verte, une "mercantilisation de la nature" et "un crime contre la Terre et l'Humanité".

Les chefs d'Etat et de gouvernement devaient par ailleurs se réunir en tables rondes pour étudier comment mettre en oeuvre les résultats de la conférence, couchés dans un document final jugé généralement aussi mou que vide.

Dans la matinée, Greenpeace avait lancé une campagne impliquant des acteurs, cinéastes, stars du rock et hommes d'affaires, pour faire de l'Arctique un sanctuaire vierge de forages pétroliers et de pêche industrielle.

Sur un "rouleau arctique" demandant que l'Arctique devienne un sanctuaire, Greenpeace va transcrire des noms de personnalités, mais aussi de simples citoyens. Le rouleau sera déposé sur les fonds marins du Pôle nord, à 4 km sous les glaces. Un "drapeau pour l'avenir", réalisé par des jeunes, marquera l'endroit où le rouleau aura été déposé.

La campagne a été lancée ce jeudi 21 juin, parce que le cercle arctique connaît ce jour-là, le plus long de l'année, 24 heures de soleil.

© 2012 AFP
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