La Turquie a annoncé la levée de sanctions contre la France à propos de la question du génocide arménien, manifestant sa volonté de tourner la page des mauvaises relations bilatérales qui avaient marqué le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
La Turquie a annoncé la levée de sanctions contre la France à propos de la question du génocide arménien, manifestant sa volonté de tourner la page des mauvaises relations bilatérales qui avaient marqué le quinquennat de Nicolas Sarkozy. - Fred Dufour afp.com

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La Turquie a annoncé la levée de sanctions contre la France à propos de la question du génocide arménien, manifestant sa volonté de tourner la page des mauvaises relations bilatérales qui avaient marqué le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan "a donné les instructions nécessaires après son entrevue avec le président Hollande (...) Les sanctions ne seront plus d'actualité en raison de la nouvelle position de la France", a déclaré le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu à la chaîne d'information CNN-Türk.

M. Davutoglu faisait allusion à un entretien mercredi entre M. Erdogan et le président français François Hollande, à Rio de Janeiro, en marge du sommet sur le développement durable.

M. Erdogan a invité lors de cet entretien M. Hollande à se rendre en visite dans son pays, faisant valoir que la dernière visite d'Etat d'un président français remontait à 20 ans, selon l'agence de presse Anatolie.

M. Hollande a estimé pour sa part qu'un tel déplacement serait pour lui "un privilège", affirmant y être favorable, selon Anatolie.

Les deux dirigeants ont aussi réaffirmé l'importance d'ouvrir une nouvelle page dans les relations bilatérales, ajoute l'agence.

Après le vote d'un texte par l'Assemblée nationale française en fin d'année dernière réprimant la négation du génocide arménien sous l'empire ottoman (1915-1917), nié depuis toujours par la Turquie, Ankara avait annoncé la suspension de sa coopération politique et militaire avec la France.

Ce texte de loi avait par la suite été censuré par le Conseil constitutionnel.

En dépit de l'annonce de ces sanctions, la coopération politique avait continué entre les deux pays, en particulier sur le dossier brûlant de la Syrie, un pays qui partage une frontière de plus de 900 kilomètres avec la Turquie et qui constitue une des priorités de la diplomatie française.

Dans son entretien à CNN-Türk, M. Davutoglu a aussi indiqué qu'il se rendrait en visite en France le 5 juillet.

Selon une source diplomatique turque, M. Davutoglu restera à Paris le 6 juillet, pour participer à une réunion du groupe des "Amis de la Syrie", qui militent en faveur d'une transition démocratique dans ce pays.

Les relations entre la France et la Turquie ont connu des moments particulièrement difficiles durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, du fait également de l'opposition résolue de ce dernier à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

La position de M. Hollande à ce sujet est moins tranchée.

Le président français est resté prudent sur une éventuelle adhésion de la Turquie pendant sa campagne électorale, mais le gouvernement turc souhaite dynamiser les relations, ce qui permettrait de sortir de l'impasse les négociations avec l'Union entamées en 2005. Ankara espère ainsi que Paris lèvera son veto sur certains chapitres de négociations.

Depuis l'élection en mai de M. Hollande, Ankara a multiplié les signes d'apaisement dans les relations bilatérales.

"Nous espérons qu'il (M. Hollande) ouvrira une nouvelle page dans les relations historiques, fructueuses et très profondes entre la Turquie et la France", avait ainsi déclaré le 11 mai le ministre turc des affaires européennes Egemen Bagis dans un entretien à l'AFP.

"Nous espérons que nos relations bilatérales se développeront et que la France, comme sous le président (Jacques) Chirac, deviendra l'un des champions de l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne", avait-il ajouté.

Le processus de négociations d'adhésion entre Ankara et l'UE est au point mort, avec seulement 13 chapitres ouverts sur les 35 qui jalonnent la négociation.