La Grèce veut "sortir de la crise" en commençant par renégocier avec l'Europe

2 contributions
Publié le 29 janvier 2014.

ATHENES - Le Premier ministre conservateur grec Antonis Samaras s'est engagé jeudi à "sortir le pays de la crise" à la tête du nouveau gouvernement d'union nationale, dont la priorité sera de rénégocier avec l'UE et le FMI le plan d'austérité.

"Notre objectif est de sortir le pays de la crise", a déclaré M. Samaras, 61 ans, ouvrant en présence des caméras de télévision le premier conseil des ministres dans la foulée de l'investiture du gouvernement formé jeudi.

Pour attester de la volonté de cette coalition alliant droite, socialistes et gauche modérée d'"opérer les grandes ruptures requises", il a annoncé la réduction de 30% des salaires ministériels. Il a promis un exécutif "efficace", "exemplaire" et consensuel.

"J'attends le soutien de tous les partenaires du pays", a ajouté M. Samaras, à l'orée de la partie serrée qui va se jouer entre Athènes et ses prêteurs et partenaires.

La déclaration inaugurale du gouvernement lui assigne comme mission de "réviser" le memorandum de rigueur, "sans mettre en danger la voie européenne du pays ou son maintien dans l'euro".

Au sortir d'un vide politique de deux mois, la Grèce, exsangue financièrement et abattue économiquement, s'est fixé pour objectif d'obtenir un nouveau délai de deux ans, jusqu'en 2016, pour assainir ses finances, et un chèque ultérieur de 20 milliards d'euros, selon des sources concordantes.

Dans l'immédiat, la Commission européenne l'a plutôt rappelée à ses devoirs. Le président de l'exécutif européen José Manuel Barroso a salué un gouvernement envoyant selon lui 'un "signal clair de la détermination de la Grèce d'honorer ses engagements et de rester dans l'euro".

Cabinet de 28 membres

Il a annoncé le retour à Athènes "dans les prochains jours" de la troïka (UE-BCE-FMI) chargée par les bailleurs de fonds de surveiller la mise en oeuvre du programme de rigueur et de réformes.

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a lui assuré M. Samaras de sa "ferme volonté d'une coopération étroite", à l'ouverture d'une réunion à Luxembourg des ministres des Finances de l'euro largement consacrée à la situation grecque.

Au poste-clé du ministère des Finances, le banquier Vassilis Rapanos, n'était pas au rendez-vous, nommé trop tard pour y représenter le pays, une tâche assurée par son prédécesseur, Georges Zanias.

M. Rapanos, 65 ans, un vieux routier de la gestion économique grecque, proche des socialistes, sera assisté de Christos Staïkouras, 38 ans, proche conseiller de M. Samaras.

Le cabinet de 38 membres est largement dominé par des ténors du parti de droite Nouvelle Démocratie, vainqueur des législatives du 17 juin, qui monopolisent une dizaine de portefeuilles sur les 17 ministres.

Le conservateur Dimitris Avramopoulos sera le chef de la diplomatie.

Le ministère de la Réforme de l'administration, déterminant pour le grand chantier de modernisation de l'appareil d'Etat, est toutefois confié à une personnalité de gauche, Antonis Manitakis.

"Ni décevoir, ni échouer"

A son retour, la troïka représentant les créanciers devra d'abord estimer les dérapages provoqués par la parenthèse électorale, ouverte depuis avril.

Le programme d'aide à la Grèce est "largement sorti des rails" et il faudrait "sérieusement renégocier" cet été, avec le choix entre de nouvelles mesures d'austérité et un allongement des délais pour la Grèce, a déclaré à l'AFP jeudi Thomas Wieser, président de l'euro working group, qui réunit les hauts-fonctionnaires préparant les réunions de l'Eurogroupe.

La Grèce a déjà bénéficié des deux prêts internationaux d'un total de 240 milliards d'euros, courant jusqu'en 2015, et de l'effacement de presque un tiers de sa dette, d'environ 107 milliards. Le tout représente l'équivalent d'un an et demi de son PIB.

La revendication grecque d'un allongement de deux ans figurait au programme des trois partis membres de la coalition.

"Obtenir un délai ne sera pas difficile. Mais cela impliquera une nouvelle aide de 20 milliards d'euros vers 2015 car la Grèce ne pourra retourner sur les marchés pour emprunter", avait expliqué mercredi à l'AFP un ancien conseiller de Lucas Papademos, le Premier ministre "technocrate" sortant.

Selon le partenaire socialiste de M. Samaras et ex-ministre des Finances Evangélos Vénizélos, la "grande bataille" pour assouplir l'austérité sera livrée au sommet européen fin juin à Bruxelles.

D'ici là, la nouvelle équipe devra aussi compter avec l'opposition du Syriza, la gauche radicale, élu deuxième parti dimanche, et qui rejette les recettes prônées par l'UE et le FMI.

"Le nouveau gouvernement ne devra ni décevoir (...) ni échouer" mettait en garde jeudi le quotidien libéral Kathimérini, alors que tous les indicateurs sont au rouge.

© 2012 AFP
Newsletter
La 13H

Votre point info
de la mi-journée

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr