Le procès de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak pour corruption et meurtre de manifestants a été reporté dimanche au 28 décembre, en attendant une décision sur un éventuel remplacement du juge, a indiqué l'agence officielle Mena.
Le procès de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak pour corruption et meurtre de manifestants a été reporté dimanche au 28 décembre, en attendant une décision sur un éventuel remplacement du juge, a indiqué l'agence officielle Mena. - Khaled Desouki afp.com

Avec Reuters

Hosni Moubarak est inconscient et a été placé sous respiration artificielle, ont déclaré mardi des responsables militaires, qui démentent que l'ancien président soit cliniquement mort, un peu plus d'un an après qu'il a été renversé par la rue après 30 années à la tête de l'Egypte.

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Alors que le pays est replongé dans de vives tensions politiques, l'agence de presse Mena avait auparavant rapporté que l'ancien président, âgé de 84 ans, était «cliniquement mort», en citant des sources médicales. Cette formule a également été employée par une source hospitalière interrogée par Reuters. Trois sources au sein de l'armée et des services de sécurité, qui exercent toujours le pouvoir depuis le renversement d'Hosni Moubarak en février 2011, ont toutefois assuré que l'ancien président était maintenu en vie. Ces mêmes responsables se sont refusés à employer la formule «cliniquement mort».

«Il respire artificiellement»

Le général Saïd Abbas, membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir, a déclaré à Reuters que Hosni Moubarak avait subi une attaque cérébrale mais a ajouté: «Parler de mort clinique n'a aucun sens.» Une autre source militaire a déclaré: «Il est complètement inconscient. Il respire artificiellement.» Cette version a été confirmée par une autre source proche des services de sécurité, selon laquelle «il est encore prématuré de dire qu'il est cliniquement mort.»

Un peu plus tôt, l'agence de presse officielle Mena avait rapporté que selon ses médecins, Moubarak était dans un état de mort clinique. «L'ancien président Hosni Moubarak est cliniquement mort après son arrivée à l'hôpital militaire de Mardi mardi soir», écrivait l'agence, citant des sources médicales. «Le coeur de Moubarak a cessé de battre et a été soumis plusieurs fois à un défibrillateur mais n'a pas répondu», selon Mena.

Prison à vie

Mardi soir, des sources proches des services de sécurité déclaraient que Moubarak, qui est resté au pouvoir pendant près de trente ans, de la fin 1981 au début 2011, avait été victime d'une crise cardiaque et d'une attaque cérébrale qui l'avaient plongé dans le coma, et que, de ce fait, il devait être héliporté de sa prison vers un hôpital militaire mieux équipé.

L'ex-président égyptien, âgé de 84 ans, a connu de sérieux ennuis de santé depuis qu'il a été contraint de quitter le pouvoir en février 2011, à la suite d'un soulèvement populaire contre son régime. Aucune expertise médicale indépendante n'a permis jusqu'à présent de déterminer avec précision les maux dont souffrirait l'ancien raïs. Certains Egyptiens soupçonnent les militaires de travestir la réalité afin d'offrir à Hosni Moubarak une fin de vie plus confortable.

Il a été interné à l'aile médicalisée de la prison Torah depuis qu'une peine de réclusion à perpétuité a été prononcée contre lui le 2 juin pour son rôle dans la mort de manifestants au cours de la «révolution du Nil» au début 2011.