L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a débuté mardi une semaine au Royaume-Uni particulièrement chargée d'émotion, puisqu'elle doit fêter ses 67 ans à Oxford, où elle a fait ses études et rencontré son époux et père de ses deux enfants.
L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a débuté mardi une semaine au Royaume-Uni particulièrement chargée d'émotion, puisqu'elle doit fêter ses 67 ans à Oxford, où elle a fait ses études et rencontré son époux et père de ses deux enfants. - Miguel Medina afp.com

© 2012 AFP

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a débuté mardi une semaine au Royaume-Uni particulièrement chargée d'émotion, puisqu'elle doit fêter ses 67 ans à Oxford, où elle a fait ses études et rencontré son époux et père de ses deux enfants.

"Happy birthday to you", ont entonné mardi matin un millier de participants à une conférence à la London School of Economics, où elle a pris la parole.

Vêtue d'une tunique et d'une écharpe dans un camaïeu de rose et de parme, la dame de Rangoun s'est déclarée "touchée par la chaleur" de l'accueil reçu tout au long de sa tournée européenne de 17 jours, la première après 24 ans de confinement en Birmanie.

"C'est vous qui m'avez donné la force de continuer", a-t-elle dit, avant d'ajouter en souriant: "Je suppose que j'ai aussi un côté tenace".

"Si nous n'amendons pas la Constitution en harmonie avec les aspirations du peuple de notre pays, nous ne pourrons amener le type d'unité et de paix auquel nous aspirons", a-t-elle souligné au cours d'un débat sur "L'Etat de droit", jugeant "possible de travailler avec les militaires" birmans.

Ex-étudiante d'Oxford

Pour sa première visite en Europe depuis 1988, elle a choisi de revenir mardi à Oxford, où elle a étudié entre 1964 et 1967 et a vécu avec Michael Aris, épousé en 1972.

L'après-midi, une réunion privée est organisée pour son anniversaire. "J'espère que ce ne sera pas teinté de tristesse", avait-elle confié à la BBC. "Je veux voir des vieux amis et revoir des endroits où j'ai été heureuse".

Rentrée en Birmanie en avril 1988 au chevet de sa mère malade puis placée en résidence surveillée, Aung San Suu Kyi a passé les deux décennies de confinement loin de ses enfants, restés au Royaume-Uni avec leur père, un spécialiste du Tibet.

De peur que la junte militaire au pouvoir ne la laisse pas rentrer en Birmanie, elle avait choisi de rester à Rangoun alors que son mari succombait à un cancer de la prostate en 1999.

Son fils Kim, 35 ans, qui passe encore aujourd'hui la plupart de son temps à Oxford, devrait être présent pour son anniversaire.

Mais on ignore si Alexander, 39 ans, qui habite aux Etats-Unis et ne l'a pas revue depuis sa libération, sera de la partie. C'est lui qui avait prononcé le discours à Oslo lors de l'attribution du prix Nobel de la paix à sa mère en 1991, remis en son absence à ses deux fils.

Aung San Suu Kyi est accueillie mardi à Oxford --où elle doit recevoir le titre de docteur honoris causa-- par le président de l'Université et ancien gouverneur de Hong Kong, Chris Patten.

Au Parlement jeudi

Jeudi, elle s'adressera au Parlement à Londres, un privilège rare. Elle doit rencontrer le même jour le Premier ministre David Cameron et le prince Charles, puis le vice-Premier ministre Nick Clegg la semaine prochaine avant de partir pour la France.

Lundi soir, elle a été acclamée comme une rock-star lors d'un concert en son honneur à Dublin, pendant lequel le chanteur Bono lui a remis un prix décerné par Amnesty International récompensant son combat pour les droits de l'Homme.

L'opposante birmane, libérée en 2010 et élue députée depuis, avait été invitée en avril à se rendre au Royaume-Uni par M. Cameron, premier chef de gouvernement occidental à se rendre en Birmanie depuis le coup d'Etat militaire de 1962.

Elle a entamé le 13 juin en Suisse cette tournée historique en Europe, qui l'a également menée en Norvège et en Irlande. Le Royaume-Uni est la quatrième étape de ce voyage qui doit s'achever en France, du 26 au 29 juin.