Le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit prêt à "dérouler le tapis rouge" pour les entreprises fuyant l'impôt en France, ce qui a suscité l'ironie du ministre français du Travail Michel Sapin pour lequel ce tapis pourrait "prendre l'eau".
Le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit prêt à "dérouler le tapis rouge" pour les entreprises fuyant l'impôt en France, ce qui a suscité l'ironie du ministre français du Travail Michel Sapin pour lequel ce tapis pourrait "prendre l'eau". - Bertrand Guay afp.com

© 2012 AFP

Le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit prêt à "dérouler le tapis rouge" pour les entreprises fuyant l'impôt en France, ce qui a suscité l'ironie du ministre français du Travail Michel Sapin pour lequel ce tapis pourrait "prendre l'eau".

"Je ne sais pas comment on fait pour dérouler un tapis rouge au travers" de la Manche, "il risque de prendre l'eau", s'est amusé mardi M. Sapin après les propos du chef du gouvernement britannique devant une assemblée de dirigeants d'entreprise à Los Cabos (Mexique), en marge d'un sommet du G20.

M. Cameron visait le projet du président français François Hollande de relever l'imposition des contribuables les plus riches.

"Quand la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu nous déroulerons le tapis rouge, et nous accueillerons plus d'entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni", a-t-il déclaré. "Cela paiera nos services publics et nos écoles", a-t-il estimé.

Le ministre des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, s'est pour sa part dit confiant mardi dans le patriotisme des patrons, après les déclarations du Premier ministre britannique, David Cameron. "Ce que je peux répondre à cette affirmation du Premier ministre britannique, c'est qu'il y a des patrons français qui sont des patriotes, il y a dans l'arsenal des mesures que nous allons prendre en faveur des entreprises, des mesures qui favoriseront l'investissement et qui inciteront les entreprises à rester en France", a-t-il déclaré sur Canal Plus.

En marge du sommet du G20 à Los Cabos (Mexique), devant une assemblée de chefs d'entreprises, le Premier ministre britannique avait évoqué le projet du président François Hollande d'instaurer un taux d'imposition de 75% sur les revenus annuels dépassant un million d'euros, déclarant: "Quand la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu nous déroulerons le tapis rouge, et nous accueillerons plus d'entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni".

M. Cameron d'ajouter: "Cela paiera nos services publics et nos écoles"

M. Cameron avait rappelé auparavant qu'il avait au contraire abaissé l'imposition des très hauts revenus en Grande-Bretagne.

M. Hollande s'est engagé durant la campagne présidentielle à porter à 75% le taux de l'imposition pour les revenus au-delà d'un million d'euros. Son équipe avait précisé que pour les contribuables concernés, cela pourrait s'accompagner de plafonds sur certains impôts directs.

"Je pense que c'est un propos qui lui a échappé!", s'est exclamé M. Sapin, interrogé sur ce point par des journalistes.

Ce dernier, qui venait de rencontrer l'ensemble des partenaires sociaux, a assuré que patronat et syndicats étaient "tous d'accord pour dire que la question de la croissance, la question de l'emploi et la question du dialogue social sont des éléments indispensables pour remettre d'aplomb nos économies". "Il existe des difficultés, il existe des tensions en Europe, les rencontres comme celles-ci sont faites pour avancer, pour faire en sorte que l'on surmonte ces tensions et qu'il y ait des solutions, des propositions", a-t-il affirmé.

Selon lui, beaucoup de monde se préoccupe de la situation en Europe. "Les Européens veulent pouvoir proposer des solutions, y compris à leurs autres partenaires du G20. C'est tout ceci qui est en train de se jouer ici", a-t-il expliqué.

"Les Européens n'ont besoin de personne pour s'entendre mais quand on entend le président de la plus grande économie du monde", Barack Obama, "dire que si l'on veut résoudre les problèmes du monde, il faut à la fois rééquilibrer nos budgets et porter la croissance, ça fait plutôt chaud au coeur du président de la République française qui dit cela depuis de nombreux mois", s'est-il également félicité. "Une économie ne peut se relever que si elle fonctionne sur ses deux jambes: le sérieux budgétaire d'un côté, et la croissance et l'emploi de l'autre", a-t-il encore dit.