Le Canadien Luka Rocco Magnotta, auteur présumé du meurtre et du dépeçage du corps d'un étudiant chinois, est arrivé lundi soir à Montréal à bord d'un avion militaire en provenance d'Allemagne, d'où il a été extradé, et comparaîtra dès mardi devant la justice.
Le Canadien Luka Rocco Magnotta, auteur présumé du meurtre et du dépeçage du corps d'un étudiant chinois, est arrivé lundi soir à Montréal à bord d'un avion militaire en provenance d'Allemagne, d'où il a été extradé, et comparaîtra dès mardi devant la justice. - - afp.com

M.Gr. avec AFP

Retour au point de départ. Le Canadien Luka Rocco Magnotta, auteur présumé du meurtre et du dépeçage du corps d'un étudiant chinois, est arrivé lundi soir à Montréal à bord d'un avion militaire en provenance d'Allemagne, d'où il a été extradé, et comparaîtra dès ce mardi devant la justice.

L'appareil militaire s'est posé sur l'aéroport de Mirabel, au nord de Montréal, peu avant 19h00 (1h heure de Paris). A bord, le suspect était escorté par six agents du Service de police de Montréal (SPVM), chargé de l'enquête.

L'appareil a fait un tour de piste, s'est approché de l'endroit où étaient regroupés les journalistes, derrière un grillage, dans une zone d'ordinaire réservée aux véhicules du personnel de l'aéroport. Puis l'avion a poursuivi son chemin jusque derrière un bâtiment, hors de la vue des médias.

 

Comparution dès ce mardi devant la justice

Un convoi comprenant plusieurs motos et voitures de police a quitté l'aéroport quelques minutes plus tard vers une destination inconnue. Le suspect était dans un véhicule banalisé de couleur bordeaux, transportant aussi des agents de la Sécurité publique, la police provinciale, selon un photographe de l'AFP.

Luka Rocco Magnotta doit comparaître ce mardi au palais de justice de Montréal, selon le porte-parole de la police, Ian Lafrenière, qui n'a pas immédiatement précisé où l'accusé serait incarcéré. Luka Rocco Magnotta est soupçonné d'avoir sauvagement tué Lin Jun, un étudiant chinois de 33 ans, à coups de pic à glace dans la nuit du 24 au 25 mai à Montréal, d'avoir démembré son corps et d'avoir filmé puis diffusé la scène sur Internet.

Le Canada avait demandé son extradition à l'Allemagne après son arrestation dans un cybercafé à Berlin le 4 juin, au terme d'une cavale de dix jours. Il avait fui Montréal pour Paris le 26 mai d'où il avait rejoint Berlin à bord d'un bus, le 31 mai, jour où un mandat d'arrêt international à son encontre avait été émis par Interpol.

«La coopération entre notre gouvernement et la communauté internationale a rapidement permis le retour au pays de cet individu afin qu'il réponde de ses actes devant la justice. Il est important que les Canadiens aient l'assurance que ceux qui sont accusés de crimes graves feront face à la justice dans toute sa rigueur», avait déclaré plus tôt dans la journée le ministre canadien de la Justice, Rob Nicholson, dans un communiqué.

Passible de la prison à vie

Au Canada, Luka Rocco Magnotta est passible de la prison à perpétuité. Il fait face à cinq chefs d'accusation: «meurtre», «outrage à cadavre», «publication de choses obscènes», «envoi par la poste de choses obscènes» et «harcèlement criminel» à l'encontre du Premier ministre canadien Stephen Harper et d'autres personnes. «Ça pourrait être appelé à changer», a précisé lundi soir le commandant Lafreniere.

Avant de prendre un vol pour Paris, le 26 mai, Luka Rocco Magnotta, qui se présentait également sous les noms d'Eric Clinton Newman ou Vladimir Romanov, avait envoyé les pieds et les mains de la victime par colis postal au siège du Parti conservateur canadien et à celui du Parti libéral, à Ottawa, ainsi qu'à deux écoles de Vancouver.

La découverte du pied et de la main envoyés à Ottawa avait rapidement permis à la police de Montréal d'établir qu'ils correspondaient au tronc de la victime, retrouvé dans un sac poubelle dans une ruelle près de l'endroit où habitait Luka Rocoo Magnotta à Montréal.

A ce jour, la tête de Lin Jun, n'a toujours pas été retrouvée. Originaire de Wuhan, dans la province du Hubei, dans le centre de la Chine, il semble qu'il aurait eu une relation avec son meurtrier présumé, selon la police canadienne, mais la presse chinoise a démenti cette hypothèse.