Un homme sort de l'isoloir après avoir voté dans un bureau de vote d'Athènes, pour le compte des élections législatives grecques, dimanche 6 mai 2012
Un homme sort de l'isoloir après avoir voté dans un bureau de vote d'Athènes, pour le compte des élections législatives grecques, dimanche 6 mai 2012 - REUTERS/Yorgos Karahalis

Lucie Romano

De notre envoyé spéciale à Athènes

Les terrasses ombragées des cafés du quartier bohême d’Exarchia, au nord du centre d’Athènes, ne désemplissent pas ce dimanche après-midi. On en oublierait presque le vote «décisif» des législatives. Pourtant, le scrutin est bien sûr toutes les lèvres, les Grecs se déplacent pour voter, entre résignation et énergie du désespoir.

Sitôt poussées les portes de l’école au coin des rues Benaki et Anarchovis, qui regroupe plusieurs bureaux de vote, tous n’ont qu’une seule et même attente, au-delà des divergences politiques: qu’un choix clair se dégage, alors qu’à l’issue du précédent scrutin, le 6 mai dernier, aucune majorité n’avait pu être constituée. 

Une référendum pour l’euro ou la drachme

«Tout le monde dit que c’est un référendum pour l’euro ou pour la drachme!», affirme avec passion un électeur communiste, en référence aux deux visions défendues par les deux principaux partis en lice, mais il ne s’agit pas de cela! Même Tspiras (leader de la gauche radicale) ne veut pas sortir de la zone euro -ses prises de position pourraient pourtant y conduire, craignent les Européens. Le problème c’est de pouvoir encore faire un choix! Mais même les gens ne savent pas pour qui voter!»

«Il ne suffit pas de se plaindre, il faut agir, revendique Marilena Damaskinou, une avocate à la retraite. Ce qui compte, c’est qu’on ait une majorité, et un gouvernement. Moi je vote Nouvelle démocratie (droite) depuis toujours, je suis d’accord avec les mesures de rigueur, même si je pense qu’il faut les renégocier. Si nous n’arrivons pas à former un gouvernement, ce sera la catastrophe, je ne préfère pas y penser.»

«Nous avons des réponses à donner à la fois aux marchés financiers et à l’Union européenne»

Alexandra Papageorgiou est éditrice pour MSN Grèce et vote pour la gauche modérée. «La priorité c’est qu’on ait de la stabilité. Quel que soit le gouvernement qui se dégage, il faut qu’on puisse montrer qu’on a fait un choix clair. Nous avons des réponses à donner à la fois aux marchés financiers et à l’Union européenne.»

Cigarette roulée aux lèvres, Galatis Xydakis, 21 ans, étudiant en mathématiques, a voté Syriza, comme beaucoup de jeunes. «On n’a jamais essayé cette voie! C’est de la logique de base que d’essayer de nouvelles choses quand les autres ont échoué. Ce qui compte, reprend-il, c’est de montrer à l’Europe, et à nous-mêmes que nous avons une opinion, une souveraineté, et qu’il faut la respecter!».