Grèce: La droite remporterait les élections législatives

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Publié le 17 juin 2012.

MONDE - Nouvelle Démocratie obtiendrait 128 élus au parlement...

Dernière minute: Les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) ont remporté les élections législatives avec 29,5% des voix, devant la Coalition de la gauche radicale Syriza, créditée de 27,1% des voix, selon une projection du ministère de l'Intérieur. Ce résultat donnerait à ND 128 élus au parlement, à Syriza 72 élus, et aux socialistes du Pasok 33 députés.

La droite conservatrice est créditée d'un fragile demi-point d'avance sur la gauche radicale ce dimanche soir, selon un sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote à la clôture d'un scrutin crucial sur l'avenir de la Grèce dans l'euro.

Selon ce sondage, diffusé sur les grandes chaînes de télévision, le parti de la Nouvelle Démocratie «pro-européenne» est crédité de 27,5 à 30,5% contre une fourchette de 27 à 30% pour le parti Syriza, une coalition anti-rigueur. Les conséquences de ce scrutin qui, par contagion, pourraient déstabiliser la zone euro, seront soupesées en temps réel au sommet du G20 qui réunira, lundi et mardi, les pays riches et émergents à Los Cabos, au Mexique.

Besoin d'une nouvelle coalition

Les opérations de vote, qui se sont déroulées dans le calme, mais avec une anxiété palpable, se sont achevées dans tous les bureaux de vote à 19h locales (18h heure française). De prochaines estimations sont prévues vers 21h (20h heure française). Au total 9,8 millions d'électeurs étaient appelés, pour la deuxième fois en moins de deux mois, à élire leurs réprésentants au Parlement, un scrutin qui a pris valeur de test pour ou contre l'appartenance de la Grèce à la zone euro.

L'analyste politique Ilias Nikolakopoulos a jugé sur la chaîne de télévision Mega que ces premières estimations ne fournissaient pas d'indication sur le vainqueur final, l'écart entre les deux partis étant inférieur à 1%. Selon une projection, et non un sondage à la sortie des bureaux de vote, diffusée par la chaîne de télévision Skai, le parti de gauche Syriza arrive en tête avec 31% des voix contre 30% pour la Nouvelle Démocratie. Aucune de ces estimations n'accorde de majorité à un seul parti, ce qui ouvre la voie au besoin de formation d'une coalition gouvernementale.

Même niveau pour Aube Dorée

Le premier parti, qu'il s'agisse de la Nouvelle Démocratie ou de Syriza, obtiendra environ 130 sièges sur les 300 que compte le Parlement, ce qui l'obligera à trouver 20 sièges auprès d'un autre parti pour être capable d'organiser une coalition de gouvernement, a indiqué Ilias Nikolakopoulos.

Le parti néonazi Chryssi Avghi (Aube Dorée) obtient le même niveau qu'au scrutin du 6 mai, avec un score compris entre 6 et 7,5% des voix, selon le sondage diffusé sur Mega. Le 6 mai, ce parti extrémiste avait décroché 21 sièges au Parlement avec 6,9% des voix pour la première fois de l'histoire moderne de la Grèce. Pas plus le conservateur Antonis Samaras, 61 ans, que son rival de gauche Alexis Tsipras, 37 ans ne se sont exprimés après la publication de ce sondage qui laisse très incertaine l'issue de ces nouvelles législatives.

«Une nouvelle ère commence pour la Grèce»

Tous les dirigeants européens, et le président américain Barack Obama, ont mis en garde les neuf millions d'électeurs grecs contre les conséquences de leur vote pour eux-mêmes et la zone euro. «Une nouvelle ère commence pour la Grèce», avait déclaré Antonis Samaras, en allant voter, dans son fief de Messinie, dans le Péloponnèse. Alexis Tsipras avait lui affirmé que «la Grèce avait vaincu la peur», en s'affranchissant des menaces de sortie de l'euro.

Antonis Samaras s'était présenté pendant toute la campagne comme le garant du maintien de la Grèce dans l'euro, tout en voulant renégocier le «mémorandum», le plan de rigueur négocié avec les prêteurs internationaux en contrepartie de l'aide financière. Il a souligné dans un de ses discours de campagne que «les enjeux de ces élections étaient clairs: euro ou drachme, gouvernement de coalition ou pas de gouvernement». Pour sa part, Alexis Tsipras, avait affirmé que «nous ouvrons la voie à une Grèce de justice sociale, membre à égalité d'une Europe qui change», après avoir voté dans un quartier populaire d'Athènes.

Selon ce sondage, ni la Nouvelle Démocratie de Antonis Samaras ni le Syriza ne pourraient décrocher la majorité absolue au Parlement. Les socialistes du Pasok et/ou la gauche modérée du Dimar devraient en conséquence être sollicités pour la formation d'une coalition, dans un délai constitutionnel d'une dizaine de jours.

Colère, espoir et anxiété

La classe politique n'avait pas réussi à nouer les nécessaires alliances à l'issue du précédent scrutin du 6 mai. Les responsables des pays riches et émergents du G20 se tiennent prêts à réagir à Los Cabos au Mexique où ils se réunissent lundi, tandis que les marchés financiers asiatiques sont sur le qui-vive.

Les électeurs grecs ont exprimé en allant voter colère, espoir et anxiété. A l'annonce des résultats, la deception était perceptible. «Les scores sont très serrés, il n'y a aucune majorité. On va peut-être devoir refaire une élection dans un mois et pendant ce temps, Merkel va nous mettre kaputt», a réagi Lavros Moustakis, électeur du Syriza.

Le foot, une bouffée d'air frais

«C'est très tôt, on devrait connaître les résultats définitifs dans quatre heures. Je pense que Nouvelle Démocratie va gagner avec un ou deux points d'avance», se rassurait Nondas, 21 ans, électeur de Nouvelle Democratie. N'y tenant plus à quelques heures du scrutin, la chancelière allemande Angela Merkel avait jugé samedi «important» que les Grecs dégagent une majorité respectant les engagements de rigueur. En clair, un appel à voter à droite.

Le journal populaire allemand Bild, plus gros tirage du pays, a lancé la même consigne de vote menaçant sinon de mettre les Grecs sur la paille. Samedi soir, contre toute attente, les Grecs ont toutefois eu la satisfaction de rester dans l'Euro, le championnat d'Europe de football, leur équipe nationale gagnant par 1 à 0 contre la Russie. Cette victoire, une bouffée d'air frais dans un pays rongé par la crise, pourrait conduire la Grèce à défier l'Allemagne en quart de finale en fin de semaine à Gdansk (Pologne) si cette équipe obtenait entre-temps sa qualification.

Avec AFP
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