Traversée spectaculaire des chutes du Niagara par le funambule Nik Wallenda

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Publié le 15 juin 2012.

NIAGARA FALLS - Réussira-t-il son pari? Sera-t-il déséquilibré par le vent ou le vol d'un oiseau? Des milliers de touristes retenaient leur souffle vendredi, avant la traversée des chutes du Niagara par Nik Wallenda, funambule de 33 ans déterminé à entrer dans l'histoire.

Au XIXe siècle, quatorze acrobates avaient déjà tenté et parfois réussi le pari, jusqu'à ce que toute traversée soit interdite. Mais ils l'avaient fait en contrebas des chutes les plus puissantes d'Amérique du Nord, dans un secteur beaucoup plus calme.

Wallenda a lui choisi de traverser à une hauteur de 60 m au dessus des chutes bouillonnantes, au débit de 2.800 m3/seconde. Jamais personne ne s'y est aventuré.

Septième génération d'une famille d'artistes de cirque, dont certains sont morts en exerçant leur art, Wallenda, Américain basé en Floride, était parfaitement décontracté à quelques heures de l'événément.

"Nous allons entrer dans l'histoire", a-t-il déclaré, petite croix d'argent autour du cou. "Il n'y a pas de retour en arrière".

Jeudi soir, il s'était offert une bonne nuit de sommeil et un repas léger. Rien de plus.

"C'est ce que je fais depuis que j'ai deux ans, c'est mon travail, c'est naturel", explique-t-il, rappelant au passage qu'il a "six records du monde" à son actif.

Il entend simplement "rester concentré" durant sa traversée, d'une longueur de 550 m.

Mais pour la première fois de sa carrière, il portera un harnais de sécurité, à la demande de son principal sponsor, la chaîne de télévision ABC.

L'événement, devant des dizaines de milliers de spectateurs massés des deux côtés des chutes, à la frontière du Canada et des Etats-Unis, sera retransmis à partir de 22H00 (02H00 GMT samedi).

Avec les médias sociaux, Wallenda estime qu'un milliard de personnes verront son image dans les 24 heures suivant sa traversée.

Il se défend que le spectacle soit gâché par le port d'un filin de sécurité qu'il ne souhaitait pas. "Cela n'enlève rien, le spectacle restera impressionnant", dit-il. Et le harnais "ne me maintient pas sur le fil. Je devrai encore garder l'équilibre. Cela m'empêche de mourir".

Durant sa traversée qui devrait durer environ 40 minutes, des Etats-Unis vers le Canada, il sera relié par oreillette à son père, funambule retraité.

Ses trois enfants de 14, 11 et 9 ans regarderont.

Décrocher son harnais?

Vendredi après-midi, sous un soleil radieux tempéré par une légère brise, une foule joyeuse convergeait vers les chutes, avec fauteuils pliants, glacières et crème solaire. "Vas-y Nik", "Tu es une star", ont écrit certains sur des panneaux.

"C'est un mec génial", s'enthousiasme Lynne Wallace, 50 ans, agent de voyage venue de Fort Erie (Canada): "Je suivais déjà les +Wallenda volants+ à la télévision enfant, je ne pouvais pas manquer ça. Et ça va aider le tourisme ici".

Certains, comme Glanda Tierney, 61 ans, rêvent qu'il fasse quelque chose de spectaculaire, comme les funambules du XIXe siècle qui faisaient des sauts périlleux, marchaient à reculons ou avançaient les yeux bandés.

D'autres aussi parient qu'il enlèvera son dispositif de sécurité.

Mais Greg Wade, né à Niagara Falls, espère simplement "qu'il réussira. C'est dangereux", dit-il en montrant la brume épaisse qui monte des chutes.

Si un accident devait se produire, Wallenda a prévu son propre service de secours, les deux villes de Niagara Falls, la Canadienne et l'Américaine, sont prêtes aussi.

S'il glisse, il essayera de remonter sur son fil. S'il perd son balancier et ne peut plus continuer, il se dit prêt à attendre, assis sur son fil, qu'on vienne le chercher.

Mais ceux qui rêvent de le voir enlever sa protection risquent fort d'être déçus. "Je suis un homme intègre, j'ai accepté et j'ai donné ma parole, c'est une question de respect", explique-t-il.

© 2012 AFP
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