L'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a été condamné par contumace mercredi à 20 ans de prison par le tribunal militaire de Tunis pour "incitation au désordre, meurtres et pillages sur le territoire tunisien", a rapporté l'agence TAP.
L'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a été condamné par contumace mercredi à 20 ans de prison par le tribunal militaire de Tunis pour "incitation au désordre, meurtres et pillages sur le territoire tunisien", a rapporté l'agence TAP. - Fethi Belaid afp.com

avec AFP

L'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a été condamné ce mercredi soir par contumace à perpétuité par un tribunal militaire pour son rôle dans la sanglante répression à Thala et Kasserine, deux villes du centre du pays emblématiques de la révolution tunisienne, a rapporté l'agence TAP.

La peine capitale avait été requise devant un tribunal militaire du Kef contre le président déchu, réfugié en Arabie Saoudite, et poursuivi pour complicité d'homicide volontaire dans la mort de 22 manifestants, tuées dans la région centre du pays entre le 8 et le 12 janvier 2011, surnomée l'«affaire des martyrs de Thala et Kasserine». L'ancien ministre de l'Intérieur de Ben Ali écope d'une peine de 12 ans de prison, alors que son chef de la sécurité présidentielle, Ali Seriati, a été acquitté.

Cette condamnation est la deuxième ce mercredi pour l'ancien raïs tunisien. Le tribunal militaire de Tunis l'a en effet condamné par contumace ce mercredi matin à 20 ans de prison pour «incitation au désordre, meurtres et pillages sur le territoire tunisien», a rapporté l'agence TAP. Le tribunal militaire a rendu son verdict à l'aube dans l'affaire dite de Ouardanine.

Un cumul de 66 ans de prison pour Ben Ali

Dans la nuit du 15 au 16 janvier 2011, au lendemain de la fuite de Ben Ali en Arabie saoudite, quatre manifestants avaient été tués en tentant de s'opposer à la fuite de Kaïs Ben Ali, neveu du président déchu. Ces quatre jeunes avaient été tués par balles durant les violences qui ont secoué la ville de Ouardanine dans le Sahel tunisien. Les familles des victimes accusent des agents des forces de l'ordre d'avoir donné l'ordre de tirer sur les manifestants. Les jours qui avaient suivi la fuite de Ben Ali avaient été marqués par le chaos et la violence, et de nombreuses exactions avaient été commises par des miliciens armés.

Kaïs Ben Ali, potentat local de Msaken, une localité de la région d'origine de l'ex-président Ben Ali, a pour sa part été arrêté le 14 mars dernier à Sousse. Une quinzaine de membres des forces de sécurité étaient également poursuivis dans ce dossier, et des peines de 5 à 10 ans de prison ont été prononcées par le tribunal militaire, selon la TAP. Certains des accusés sont en fuite. La justice a également accordé des indemnités aux familles des victimes comprises entre 150.000 et 200.000 dinars (75.000 et 100.000 euros).

L'ex président Ben Ali a déjà cumulé au civil des condamnations à 66 ans de prison notamment pour détournements de fonds, trafic de drogue et abus de biens publics. Il fait l'objet avec son épouse Leïla Trabelsi d'un mandat d'arrêt international, mais l'Arabie saoudite n'a jamais jusqu'à présent répondu aux demandes d'extradition tunisiennes.