Attentat de Brindisi: Un suspect avoue avoir agi par vengeance

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Publié le 7 juin 2012.

ENQUÊTE - L'homme aurait voulu se venger de la justice et aurait cherché à frapper le palais de justice de Brindisi avant de se replier sur le lycée Morvillo-Falcone...

La police a arrêté mercredi soir le responsable présumé de l'attentat qui avait tué une lycéenne de 16 ans et blessé cinq de ses camarades le 19 mai devant un lycée de Brindisi, selon les médias italiens. L'homme a été identifié comme étant un certain Giovanni Vantaggiato, 68 ans, propriétaire d'un dépôt de carburant (fioul domestique et pour l'agriculture) à Copertino près de Lecce, qui était motivé par «une vengeance d'ordre privé», aux motifs encore obscurs.

«Le tournant important et définitif de l'enquête est le résultat d'un grand travail de la magistrature et d'une splendide collaboration et des synergies entre carabiniers et policiers», s'est félicité le chef de la police italienne, Antonio Manganelli. Après avoir nié pendant cinq heures, le suspect a avoué mais continuait d'être interrogé jeudi peu après minuit dans l'enquête ouverte par le parquet de Lecce pour «massacre aggravé par la finalité terroriste», c'est-à-dire pour semer la terreur. Selon les enquêteurs, il alterne moments de lucidité et de confusion.

Des éléments «hautement significatifs»

Avant ses aveux, les enquêteurs avaient dit avoir réuni à son encontre des éléments «hautement significatifs», dont sa forte ressemblance avec un homme aux cheveux grisonnants filmé par les caméras de surveillance proches du lycée, au moment où il déclenchait la bombe. Un engin artisanal confectionné avec trois bonbonnes de gaz avait explosé il y a deux semaines et demi, peu avant l'heure de l'entrée en classes, devant le lycée Morvillo-Falcone de Brindisi, causant la mort de Melissa Bassi, 16 ans, et blessant très grièvement cinq camarades du même âge.

Le suspect aurait aussi un problème à mouvoir le bras droit ce qui ressortait des images de télésurveillance et compte tenu de son métier, serait habitué à manipuler les bonbonnes de gaz. Sa voiture, une Fiat Punto, a en outre été filmée à plusieurs reprises près du lycée dans les jours précédents l'attentat, ainsi que celle d'un membre de sa famille, selon le site Internet du journal La Repubblica. Les enquêteurs ont aussi mis à jour des contradictions entre des déclarations qu'il leur aurait faites et une conversation avec sa femme, placée à son insu sur écoute téléphonique.

Le palais de justice de Brindisi initialement visé?

Selon l'agence Agi, l'homme aurait voulu se venger de la justice après avoir échoué à obtenir un dédommagement dans un procès pour escroquerie. Il aurait cherché à frapper le palais de justice de Brindisi mais s'apercevant qu'il était trop surveillé, il se serait replié sur le lycée Morvillo-Falcone, tout proche. D'autres médias ont parlé d'un ressentiment envers le lycée ou son proviseur Angelo Rampino qui de son côté exclu avoir des ennemis.

Les médias italiens ont essayé d'éviter cette fois tout dérapage alors qu'au début de l'enquête, un premier suspect et son frère avaient été interrogés longuement avant d'être complètement dédouanés. Ils avaient été livrés à la vindicte publique, certains journalistes ayant révélé leurs noms et adresse. Après avoir abandonné cette fausse piste et avoir exclu les hypothèses mafieuse et terroriste, les enquêteurs s'étaient enfermés pendant deux semaines dans un mutisme total mais ils avaient effectué des contrôles sur 1.400 personnes et une trentaine de perquisitions.

© 2012 AFP
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