Le «dépeceur» en fuite a laissé des traces à Paris et en région parisienne

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Publié le 3 juin 2012.

ENQUETE - la police a suivi sa piste grâce notamment à son téléphone portable...

En fuite, Luka Rocco Magnotta, ce Canadien de 29 ans soupçonné d'avoir tué et dépecé un étudiant chinois à Montréal, a laissé des traces derrière lui ces derniers jours à Paris et en région parisienne, où la police a suivi sa piste grâce notamment à son téléphone portable.

Il a ainsi été signalé dans un hôtel de Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, où les policiers, alertés par un témoin, se sont rendus samedi, a indiqué dimanche une source proche de l'enquête.

Le suspect avait quitté sa chambre, dans laquelle les enquêteurs ont retrouvé des affaires, dont des revues pornographiques et des sacs vomitoires de la compagnie aérienne empruntée il y a plus d'une semaine par le suspect entre le Canada et la France, selon cette source.

Des policiers sont passés samedi matin, a confirmé sous couvert de l'anonymat le responsable de ce bar-hôtel, La Soummam, établissement de quatre étages proche du boulevard périphérique. "Ils m'ont montré une photo. On ne l'a pas vu", a-t-il ajouté, se refusant à tout autre commentaire.

Les policiers ont également établi que le téléphone portable de Luka Rocco Magnotta avait été repéré samedi, grâce à une borne relais, dans l'est parisien, a ajouté cette source.

"Les enquêteurs sont certains que le dépeceur est ou a été en Ile-de-France et particulièrement à Paris depuis au moins vendredi", a affirmé une source policière, expliquant que cette certitude s'appuie sur des témoignages et des éléments matériels. Aucune indication ne permettait cependant de dire si le suspect s'y trouvait toujours dimanche.

Les policiers français effectuent des "recherches ciblées", qui les ont notamment conduits à contrôler ces derniers jours un bar et deux hôtels de la rue des Batignolles, à Paris 17e, avait indiqué samedi une source policière.

"On m'a confirmé que cette personne en effet avait été repérée dans le quartier (...), aurait logé à l'Hôtel des Batignolles, et plusieurs commerçants également l'auraient identifié", a déclaré sur BFMTV la maire du 17e, Brigitte Kuster.

"Très nerveux"

Un témoin, qui a requis l'anonymat, a dit à l'AFP avoir vu vendredi vers 23H00 des policiers dans le bar "Le petit Batignolles", où ils ont regardé des images de vidéosurveillance, montré la photo du suspect au patron, et emporté des bouteilles de Coca-Cola vides en prenant la précaution de ne pas y déposer d'empreintes. Interrogé par l'AFP, le gérant du bar a démenti samedi avoir reçu la visite de la police.

Le quotidien Le Parisien a rapporté dimanche l'audition par les enquêteurs du gérant d'un bar du quartier des Batignolles, dont le nom n'est pas précisé, qui dit avoir vu Luka Rocco Magnotta dans son établissement, où il a consommé un Coca-Cola, dans la nuit de mercredi à jeudi.

"Il était très nerveux" et "il a bu son Coca d'un seul trait. Un homme, au physique impressionnant, est alors entré à son tour dans le bar et s'est mis à parler avec lui. Ils se connaissaient" et sont repartis ensemble, a expliqué le commerçant.

RMC diffusait dimanche le témoignage d'une habitante du 17e arrondissement, "sûre" d'avoir eu affaire à Magnotta. "Il est venu frapper à ma porte, il voulait rentrer pour finir la fête avec nous à la maison", a-t-elle dit.

Comme habituellement lors de la diffusion d'avis de recherche dans des affaires médiatisées, les enquêteurs ont reçu un grand nombre d'appels faisant état de la présence du suspect en divers lieux, dont la plupart se sont révélés infondés après vérification.

Des médias canadiens ont affirmé qu'il avait déjà séjourné en France par le passé, des photos le montrant devant la Tour Eiffel ou le cabaret du Moulin Rouge.

Ancien acteur de films pornographiques, Luka Rocco Magnotta, également connu sous les noms d'Eric Clinton Newman ou Vladimir Romanov, est accusé de meurtre prémédité et d'outrage à cadavre. Il aurait perpétré cet assassinat --qu'il aurait filmé pour le diffuser sur internet-- dans la nuit du 24 au 25 mai, avant de partir pour la France le 26 mai.

Sa victime est un étudiant chinois, Jun Lin, 32 ans, originaire de Wuhan, dans la province du Hubei (centre de la Chine), qu'il connaissait probablement.

© 2012 AFP
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