Québec: l'échec des négociations fait craindre une poussée de fièvre

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Publié le 2 juin 2012.

MONTREAL - L'échec des négociations sur les frais de scolarité entre gouvernement québécois et étudiants faisait craindre vendredi une nouvelle poussée de fièvre dans les rues, les milieux d'affaires appelant à une trêve pour sauver le Grand Prix de F1 et la saison touristique.

Le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, a ainsi lancé dans la matinée un appel au calme à la télévision.

"Nous demandons une trêve dans les manifestations et proposons à l'ensemble des Québécois et des Québécoises de transformer toute cette énergie effervescente et ce désir de mobilisation en une participation massive et positive à toutes les activités qui seront offertes durant l'été à Montréal et dans toutes les autres régions du Québec", a-t-il dit.

La nouvelle présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) Eliane Laberge, qui a succédé vendredi à Léo Bureau-Blouin, a suggéré d'explorer rapidement la voie de la médiation pour sortir d'une situation où "tout le monde dit qu'il a raison et que l'autre a tort".

"Des personnes qui se rencontrent et qui sont en conflit depuis trop longtemps, cela donne ça", a-t-elle expliqué, avant de souligner que le gel de la hausse pendant deux ans, proposé par les étudiants et rejeté par le gouvernement, était "à coût nul" pour le contribuable puisqu'il devait être financé par la diminution du crédit d'impôt accordé aux étudiants.

Mais la reprise des pourparlers ne semble pas pour demain. Le porte-parole du syndicat étudiant le plus radical, la Classe, Gabriel Nadeau-Dubois, a déclaré jeudi vouloir profiter de la "tribune" qu'offre un Grand Prix, tout en précisant ne pas avoir l'intention de perturber la grande fête automobile qui doit se tenir du 8 au 10 juin.

Ses propos n'en ont pas moins été dénoncés comme une "menace" par le Premier ministre Jean Charest, qui a dit qu'il n'était pas question pour le gouvernement d'y céder.

En même temps, des appels à un grand défilé de personnes nues le 7 juin, à la veille du GP, se sont multipliés sur internet. Une telle manifestation avait obtenu un succès médiatique mondial le 4 mai dernier.

En attendant, la Classe a également appelé à une manifestation samedi après-midi dans un parc de Montréal.

M. Charest, expliquant jeudi les raisons de la "suspension" des pourparlers par le fossé trop important séparant les positions des deux parties, a dit espérer une "accalmie" dans le conflit entamé il y a trois mois et demi.

Vendredi, il a laissé transparaître quelque exaspération. "C'est beau de manifester contre Jean Charest, manifester contre le gouvernement. Mais (les manifestants) sont en train de nuire aux Québécois et aux gens chez qui ils cherchent des appuis" et ils devraient "faire un examen de conscience".

Quant à l'accalmie qu'il souhaite, aux yeux des observateurs canadiens, il s'agit d'un voeu pieux, la grande frustration des étudiants ne pouvant disparaître comme par enchantement et laissant entrevoir de nouvelles perturbations.

"Restons calmes !", suggère cependant vendredi Le Devoir dans son éditorial. "La suspension des échanges doit être temporaire, le temps de refroidir les esprits", affirme le quotidien.

La Presse, pour sa part, estime que "tout est à refaire", alors que "les turbulences risquent de reprendre de plus belle".

© 2012 AFP
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