La police française effectue des "recherches ciblées" pour retrouver la trace de Luka Rocco Magnotta, ce Canadien de 29 ans soupçonné d'avoir tué avec un pic à glace et dépecé un étudiant chinois à Montréal, a-t-on appris samedi de source policière.
La police française effectue des "recherches ciblées" pour retrouver la trace de Luka Rocco Magnotta, ce Canadien de 29 ans soupçonné d'avoir tué avec un pic à glace et dépecé un étudiant chinois à Montréal, a-t-on appris samedi de source policière. - afp.com

© 2012 AFP

L'ex-acteur porno canadien suspecté d'avoir démembré le corps d'un étudiant chinois a disparu dans la nature, peut-être en Europe, mais des traces laissées sur internet et étudiées vendredi par plusieurs médias ont permis de mieux cerner sa personnalité.

Le suspect, Luka Rocco Magnotta, très prolixe sur les différents réseaux sociaux et sur son site internet, aurait notamment épousé les thèses des suprémacistes blancs américains.

Ainsi, sur le site Stormfront.org on peut découvrir des messages affirmant même qu'il avait été forcé de fuir le Canada et retourner en Russie, d'où il serait originaire, à cause de ses convictions.

L'authenticité de ces messages et la véracité de leur contenu sont difficiles à vérifier, mais ils datent de septembre 2011, ce qui permet de penser qu'ils y avaient été placés avant que Magnotta soit soupçonné du meurtre sadique commis la semaine dernière à Montréal. Et des messages similaires peuvent être lus sur son propre site internet.

Interviewée par la chaîne publique CBC, la transsexuelle Nina Arsenault, qui affirme avoir eu une relation avec Magnotta, l'a décrit comme "manipulateur, menteur, irascible et souvent autodestructeur".

Le suspect âgé de 29 ans demeure introuvable malgré un mandat d'arrêt international lancé par Interpol et la police canadienne reconnaît ignorer dans quel pays il pourrait se trouver, tandis que la police française dit n'avoir "aucune certitude" sur sa présence en France, évoquée par des médias canadiens.

En revanche, l'identité de sa victime a été révélée par les enquêteurs montréalais.

Il s'agit de Jun Lin, un ressortissant chinois âgé de 32 ans. Originaire de la ville de Wuhan, dans la province du Hubei (centre de la Chine), il serait arrivé au Québec en juillet dernier pour y faire ses études à l'université anglophone de Concordia.

"Tout nous porte à croire que ces gens se connaissaient", a dit le porte-parole de la police Ian Lafrenière au sujet de la victime et de son meurtrier présumé. Pour certains médias canadiens, les deux hommes entretenaient une relation sexuelle.

Luka Rocco Magnotta, originaire de l'Ontario, également connu sous les noms d'Eric Clinton Newman ou Vladimir Romanov, est accusé de meurtre prémédité et outrage à cadavre, a précisé le porte-parole.

Mardi, un pied humain et une main avaient été découverts dans des colis postaux, l'un au siège du Parti conservateur, au pouvoir à Ottawa, l'autre adressé au parti libéral, dans l'opposition.

Magnotta aurait commis le meurtre - et l'aurait filmé pour le diffuser sur internet - dans la nuit du 24 au 25 mai et se serait envolé vers l'Europe le 26, a indiqué M. Lafrenière. Il n'a pas voulu préciser le pays de destination, parce que le suspect "peut être n'importe où en Europe". "On a même mentionné qu'il pourrait être revenu au Canada sous une autre identité", a-t-il ajouté.

Il porte des perruques et peut se déguiser en femme, a poursuivi M. Lafrenière, en se disant optimiste sur la possibilité de l'interpeller prochainement.

En attendant, ses photos et même sa voix sont largement diffusées par les médias canadiens qui reprennent l'enregistrement d'une partie de l'interview réalisée en décembre dernier par un journaliste du tabloïd britannique The Sun, Alex West, qui enquêtait sur une vidéo où un homme donnait un chaton vivant à un python qui s'empressait de le dévorer.

Le journaliste a indiqué que deux jours après leur rencontre, le journal avait reçu un courriel annonçant que son interlocuteur comptait produire un film "où l'on verrait des êtres humains et non des chatons", ajoutant que "une fois qu'on tue et prend le goût du sang, il est impossible de s'arrêter".