François Hollande et Roméo Langlois à l'Elysée, le 1er juin 2012.
François Hollande et Roméo Langlois à l'Elysée, le 1er juin 2012. - P.WOJAZER / REUTERS

C.C. avec agences

Le journaliste Roméo Langlois, ex-otage libéré mercredi par les Farc en Colombie après un mois de captivité, est arrivé en France ce vendredi, en provenance de Bogota. «Cela se termine de la meilleure des manières», a déclaré François Hollande qui l'a reçu à l'Elysée. «Il n'y a eu aucune tractation, aucun échange, aucune condition», a-t-il ajouté. Roméo Langlois a affirmé pour sa part qu'aucune rançon n'avait été versée pour sa libération.

Le correspondant de la chaîne de télévision France 24 en Colombie est arrivé peu avant 11h20 à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle à bord d'un vol régulier d'Air France en provenance de Bogota. Avant sa descente d'avion, il a serré ses parents dans ses bras. Il a ensuite été accueilli par la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, qui représentait le président de la République, et le ministre délégué au Développement, Pascal Canfin.

Une lettre pour François Hollande

Blessé au bras lorsqu'il a été capturé, Roméo langlois a été libéré mercredi par la guérilla des Farc dans le sud de la Colombie. Le journaliste, qui n'exclut pas de travailler désormais en France, avait annoncé à Bogota que la guérilla lui avait confié une lettre à remettre au président français, François Hollande. «Je ne peux évidemment pas en divulguer le contenu car c'est adressé au président Hollande. Mais les Farc sont d'accord pour qu'elle soit publiée si lui le souhaite», avait déclaré jeudi Roméo Langlois, au cours d'une conférence de presse organisée à l'ambassade de France à Bogota.

La missive, qui lance un appel à des «pays amis» afin d'aider à une «sortie négociée» du conflit colombien, contient aussi des «excuses publiques» des Farc pour avoir qualifié le journaliste de «prisonnier de guerre». «C'est la première fois qu'ils font des excuses et c'est très important qu'ils précisent que la presse n'est pas une ennemie», a commenté Roméo Langlois, qui a exhorté ses confrères à «continuer de couvrir un conflit de plus en plus oublié».

Une pensée pour Ingrid Betancourt

Accusé par des secteurs de la droite colombienne de «sympathie» avec la guérilla, il a rétorqué en évoquant des «relations professionnelles», jugeant aussi important de comprendre le soutien apporté par les guérilleros dans les régions reculées «où il n'y a ni routes, ni hôpitaux, ni de quoi manger». Il a aussi confié avoir «pensé et beaucoup» à l'ex-candidate à la présidentielle colombienne, Ingrid Betancourt, également de nationalité française, otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) pendant six ans avant d'être secourue par l'armée.

Le journaliste, blessé au bras lors de sa capture et qui a vu «mourir sous ses yeux» le soldat chargé de sa protection, a dû ramper jusqu'à un buisson où des guérilleros l'ont découvert. «C'est terrifiant quand on les voit arriver. Je me suis dit: pourvu qu'ils ne me tuent pas sur le coup». Pour ce journaliste aguerri, en poste depuis une dizaine d'années en Colombie, un pays en proie à un demi-siècle de conflit armé avec des guérillas et des groupes criminels, cette expérience est un «accident professionnel».

Il avait été capturé le 28 avril lors de l'attaque d'une brigade de l'armée qu'il accompagnait pour filmer une opération anti-drogue, embuscade durant laquelle quatre militaires ont été tués. Fondée en 1964, la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) compte encore 9.200 combattants, repliés dans des régions de montagnes et de forêts. Elle s'était engagée en février à renoncer à la pratique des enlèvements contre rançon.