Un ultimatum fixé par des responsables de la rébellion au régime du président Bachar al-Assad pour que celui-ci mette fin à la répression expire vendredi à 09h00 GMT, au moment même où les opposants appellent à manifester en hommage aux 49 enfants tués à Houla le 25 mai.
Un ultimatum fixé par des responsables de la rébellion au régime du président Bachar al-Assad pour que celui-ci mette fin à la répression expire vendredi à 09h00 GMT, au moment même où les opposants appellent à manifester en hommage aux 49 enfants tués à Houla le 25 mai. - afp.com

avec AFP

L'ONU a mis en garde contre le risque d'une «guerre civile catastrophique» en Syrie quelques heures avant des manifestations à l'appel de militants anti-régime en hommage aux 48 enfants tués dans le massacre de Houla, dont la responsabilité a été rejetée en bloc par Damas

Ces manifestations se tiendront après l'expiration vendredi à 11h (heure de Paris) d'un ultimatum fixé par le commandement intérieur de la rébellion au régime pour cesser les hostilités comme préconisé par le plan international de paix de Kofi Annan, resté lettre morte jusque-là et qui suscite des doutes grandissants.

Mais la possibilité d'un arrêt des violences semble éloignée, la répression menée par le pouvoir et les combats entre soldats et déserteurs ne connaissant aucun répit avec 44 morts jeudi dans le pays -30 civils et 14 militaires et déserteurs-, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'enquête officielle met en cause des «groupes armés»

Face à l'escalade, surtout après le massacre dans la région de Houla le 25 mai dans lequel 108 personnes ont péri au total, les craintes d'une guerre civile généralisée se sont multipliées. Les autorités syriennes ont rejeté en bloc les accusations sur leur possible implication dans le carnage. Les résultats préliminaires de l'enquête officielle syrienne ont mis en cause des «groupes armés» qui «ont tué des familles pacifiques» à Houla ayant «refusé de se soulever contre l'Etat».

Les autorités refusent de reconnaître la révolte populaire, qu'elles répriment depuis son lancement en mars 2011 en accusant des «groupes terroristes» de semer le chaos dans le pays. Plus de 13.000 Syriens ont trouvé la mort, en majorité des civils, en plus de 14 mois, selon l'OSDH. Les Etats-Unis ont qualifié de «mensonge flagrant» les conclusions de cette enquête. La Maison Blanche, tout en disant que Barack Obama était «horrifié» par les violences en Syrie, a souligné que Washington ne pouvait pas «mettre fin à toutes les horreurs dans le monde».

L'opposition a accusé le régime du massacre et un haut responsable de l'ONU a évoqué de «forts soupçons» sur l'implication des «chabbiha», des miliciens pro-régime. Plusieurs pays occidentaux ont expulsé les diplomates syriens après cette tuerie.

Cessez-le-feu systématiquement violé

«Des massacres de ce genre peuvent faire sombrer la Syrie dans une guerre civile catastrophique, une guerre civile dont le pays ne pourra jamais se relever», a dit le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à Istanbul.

Il a exhorté avec véhémence le régime de Bachar al-Assad à «honorer son engagement» d'appliquer le plan de paix du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, qui a instauré le 12 avril un cessez-le-feu systématiquement violé, malgré la présence des observateurs de l'ONU. Le porte-parole des Affaires étrangères syriennes, Jihad Makdissi, a cependant regretté «que le secrétaire général de l'ONU se soit départi de sa mission de maintien de la paix et de la sécurité dans le monde, pour devenir un annonciateur de guerres civiles».

La communauté internationale reste paralysée par ses divisions sur la Syrie, la Russie, alliée indéfectible du régime Assad et dotée d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, réitérant qu'elle ne changerait pas sa position «équilibrée et logique» sous la pression.