Québec: les négociations sur le conflit étudiant se poursuivent malgré des divergences

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Publié le 31 mai 2012.

MONTREAL - De profondes divergences sont apparues mercredi dans les négociations entre le gouvernement du Québec et les étudiants pour trouver une issue au conflit sur les frais de scolarité, mais les parties sont néanmoins convenues de poursuivre leurs pourparlers jeudi.

Dans les rues de plusieurs villes du Québec, des centaines de personnes -- quelques milliers à Montréal -- sont à nouveau descendues en tapant sur des casseroles pour protester contre la loi spéciale limitant le droit de manifester dans la province.

Un mouvement de soutien aux étudiants du Québec, baptisé "CasserolesNight in Canada", s'est propagé au reste du pays, où des manifestations ont eu lieu aussi bien à Toronto, Winnipeg, Calgary que Vancouver. Des casseroles ont commencé également à se faire entendre à l'étranger, notamment à Bruxelles, Londres et à New York où deux manifestants ont été arrêtés à Times Square.

Alors que des progrès avaient été enregistrés mardi, faisant naître l'espoir d'un règlement rapide du différend, les étudiants ont évoqué mercredi "un recul" dans les négociations, l'une des dirigeantes soulignant qu'un "mur" séparait les positions des parties respectives.

La troisième journée de négociations avait pourtant bien commencé, avec l'annonce par les étudiants que le gouvernement avait proposé mardi -- pour la première fois depuis le début du conflit il y a près de 4 mois -- de réduire la hausse des frais de scolarité de 35 dollars par an, ce qui ferait retomber l'augmentation totale sur sept ans à 1.533 dollars au lieu de 1.778.

Jugeant "insuffisant" cet assouplissement de la hausse, les étudiants avaient soumis mardi soir une contre-proposition au gouvernement qui l'a rejetée, jugeant qu'elle n'était pas acceptable.

Les parties se sont échangé de nouvelles propositions mercredi. "Ca a été un partie de ping-pong", a dit à la presse le porte-parole de la Classe, l'organisation étudiante la plus radicale, Gabriel Nadeau-Dubois, qui avait évoqué en début de soirée un possible retrait de son syndicat des négociations.

"On progresse, c'est difficile, mais ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini", avait nuancé en milieu de soirée la ministre de l'Education, Michelle Courchesne, ajoutant qu'"il n'est pas inhabituel qu'il y ait des moments plus difficiles dans les négociations".

Les étudiants ont présenté en fin de soirée une contre-proposition à la ministre, qui doit leur fournir une réponse jeudi.

Les divergences entre les parties portent sur l'utilisation d'un crédit d'impôt qui permet aux étudiants de déduire de leurs revenus - quand ils en ont - les intérêts payés sur leur prêt d'études.

Selon les étudiants, une réduction de 3 points de ce crédit permettrait d'annuler la hausse, mais des responsables du ministère des Finances, cités par la chaîne publique Radio-Canada, jugent leurs calculs "simplistes".

Le gouvernement insisterait aussi pour que étudiants assurent "leur juste part" du financement des universités, conformément au principe de "l'utilisateur-payeur" qu'il défend.

Aucune heure n'a été fixée pour la reprise jeudi des pourparlers, qui se déroulent depuis lundi dans un édifice de Québec.

Le gouvernement subit aussi la pression des milieux économiques, inquiets de l'impact du conflit, alors que Montréal doit accueillir dans un peu plus d'une semaine le Grand prix de FI, qui sera suivi par les grands festivals culturels de l'été, notamment les FrancoFolies, Juste pour Rire et celui de jazz.

© 2012 AFP
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