Québec: un tournant décisif attendu dans le conflit étudiant

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Publié le 31 mai 2012.

MONTREAL - Les négociations entre le gouvernement et les étudiants pour résoudre le conflit sur les frais de scolarité ont repris mercredi après-midi à Québec, les parties se disant déterminées à trouver une solution à ce différend qui dure depuis près de quatre mois.

Un tournant décisif était attendu, le gouvernement provincial, longtemps inflexible, ayant accepté de faire une première concession sur la question centrale des frais de scolarité.

Avant la rencontre, les dirigeants étudiants ont indiqué que le gouvernement avait proposé mardi de réduire la hausse de 35 dollars par an, ce qui ferait retomber l'augmentation totale sur sept ans à 1.533 dollars au lieu de 1.778.

"Cela a été jugé insuffisant par les organisations étudiantes, on a soumis une contre-proposition qui a été étudiée hier soir", a déclaré le porte-parole d'une des organisations étudiantes, la Classe, Gabriel Nadeau-Dubois.

"On regarde plusieurs endroits où aller chercher de l'argent pour diminuer la hausse des frais de scolarité", a-t-il ajouté.

Le geste du gouvernement a une portée financière relativement symbolique, mais il marque une réelle évolution de son attitude, après quinze semaines de refus complet de bouger sur ce plan.

Reste à savoir comment cette avancée serait compensée sur le plan budgétaire, le gouvernement souhaitant ne pas accroître ses dépenses.

Avant le début du conseil des ministres, mercredi en fin de matinée, le ministre des Finances Raymond Bachand a laissé entendre qu'il pourrait s'agir de modifier le montant du crédit d'impôt qui permet aux étudiants de déduire de leurs revenus - quand ils en ont, une fois leurs études terminées - les intérêts payés sur leur prêt d'études.

Mais il s'agirait de reprendre - certes plus tard - d'une main ce que l'on accorde de l'autre, a-t-il reconnu implicitement, tout en confirmant que "cela fait partie des idées qui sont soumises".

De son côté, Laurent Lessard, ministre des Affaires municipales, a souligné qu'il fallait "trouver une solution à l'intérieur d'un cadre parce que, nécessairement, les finances publiques ne se sont pas améliorées au cours de la dernière année".

Les pourparlers de mardi s'étaient terminés sur un ton optimiste, les dirigeants étudiants estimant que les négociations "progressaient" et pourraient même aboutir mercredi à une offre de règlement.

Cette offre devrait être soumise à l'approbation des étudiants membres des quatre syndicats participant aux négociations, la FECQ, la FEUQ, la Classe et la TaCEQ.

En même temps, les deux parties soulignaient vouloir avancer sans précipitation et prendre le temps qu'il faudrait pour mettre au point un compromis viable et éviter la répétition de l'échec de la tentative hâtive précédente début mai.

Les étudiants semblent avoir accepté que la question de la loi spéciale, limitant la liberté de manifester et dont ils souhaitent la suspension ou l'annulation, soit traitée ultérieurement, après celle de la hausse des frais de scolarité, à l'origine du conflit qui dure depuis près de quatre mois.

"Notre objectif, c'est qu'on parle des droits de scolarité, d'enjeux périphériques et ensuite de la loi spéciale", a déclaré un autre dirigeant étudiant, Léo Bureau-Blouin, avant d'entrer dans la tour où les négociations se déroulent dans des locaux au 16e étage.

© 2012 AFP
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