Québec: gouvernement et étudiants prudemment optimistes

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Publié le 29 mai 2012.

MONTREAL - La ministre québécoise de l'Education et les dirigeants étudiants ont repris sur un ton prudemment optimiste leurs négociations mardi à Québec, alors que le gouvernement semblait se donner jusqu'au lendemain soir pour arrêter sa position dans le conflit étudiant.

Avant la rencontre, l'un des leaders étudiants, Léo Bureau-Blouin, a déclaré qu'il s'attendait à ce que la ministre Michelle Courchesne y présente une nouvelle proposition portant sur les frais de scolarité, au centre du différend vieux de près de quatre mois.

"La ministre de l'Education a dit qu'elle déposerait une offre aujourd'hui. On espère que c'est une offre substantielle", a dit M. Bureau-Blouin, tout en précisant qu'il n'en connaissait pas le contenu.

Le ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, a de son côté évoqué mardi le déclenchement d'élections législatives anticipées en juillet pour mettre fin au conflit si le gouvernement ne réussissait pas à arracher bientôt un accord aux étudiants. "Je serais menteur si je vous disais le contraire", a-t-il dit en réponse à une question de la presse.

De son côté, Mme Courchesne s'est dit "satisfaite" de l'amorce des négociations la veille.

"Les étudiants ont manifesté de l'ouverture. (...) Les responsabilités doivent être partagées pour obtenir un résultat", a-t-elle déclaré.

De son côté, Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole du syndicat étudiant le plus radical, la Classe, s'est félicité de la participation - pour la première fois depuis le début du conflit - du Premier ministre Jean Charest aux pourparlers de lundi, pendant moins d'une heure.

La présence de Jean Charest démontre "que le gouvernement reconnaît l'ampleur de la crise actuelle" et peut-être "une certaine sincérité de la part du gouvernement envers le processus de négociations", a-t-il estimé.

Alors que la Classe avait exigé que les frais de scolarité et la loi spéciale adoptée dans le contexte du conflit pour limiter les manifestations figurent à l'ordre du jour, M. Nadeau-Dubois a laissé entendre avoir obtenu satisfaction. "Ce que l'on nous a dit qui serait sur la table nous a satisfait suffisamment pour que l'on reste", a-t-il dit.

"Le Premier ministre a passé une demi-heure avec nous", a indiqué Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), mais "il n'avait pas beaucoup de réponses pour nos questions".

Tous les leaders étudiants ont dénoncé l'arrestation lundi soir de 84 manifestants pour "entrave à la circulation", juste après la fin des pourparlers et devant l'immeuble où ils s'étaient tenus, estimant qu'elle n'améliorait en rien le climat des négociations.

Mme Desjardins s'est demandée pourquoi la police avait attendu que les manifestants soient à cet endroit précis pour les arrêter. "Est-ce que c'est un geste pour mettre de la pression sur les négociations? On trouve ça déplorable", a-t-elle dit.

Avant et pendant les négociations, les deux parties ont déclaré vouloir "prendre le temps qu'il faudra" pour éviter la précipitation ayant mené à l'échec de leurs pourparlers début mai.

Mais, selon des fuites de source gouvernementale rapportées mardi dans le quotidien La Presse, le gouvernement a prévu de tenir une "réunion spéciale" mercredi soir.

Selon l'usage, une telle réunion débouche sur l'annonce de décisions importantes, ce qui semble indiquer que M. Charest compte présenter publiquement une nouvelle proposition pour régler le conflit.

En marge du conflit, M. Nadeau-Dubois a comparu mardi devant la justice pour répondre à une accusation d'outrage à magistrat: il avait conseillé aux étudiants de désobéir à une injonction judiciaire ordonnant la reprise des cours. Le jeune homme, qui risque un an de prison, a plaidé non coupable.

© 2012 AFP
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