Québec: Une «rencontre de la dernière chance» pour tenter de dénouer la crise étudiante

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Publié le 29 mai 2012.

MONDE - Alors que le conflit dure depuis près de quatre mois...

Gouvernement et dirigeants étudiants du Québec ont amorcé lundi des négociations cruciales pour tenter de dénouer le conflit aux allures de crise sociale qui les divise depuis près de 4 mois sur une hausse des droits de scolarité.  L'espoir d'un dénouement dans ce différend qui n'a cessé de prendre de l'ampleur depuis 106 jours est grand dans la population, mais les principaux protagonistes sont restés prudents dans leurs déclarations avant cette rencontre dite «de la dernière chance».

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 «Je me présente ici sans être fermée à rien, avec ouverture», a déclaré la ministre de l'Education, Michelle Courchesne, en réponse à la presse qui lui demandait si le gouvernement était prêt à reculer sur la hausse des frais de scolarité, question au coeur du conflit. «Il faut être positif et confiant. Si on n'est pas confiant et positif, c'est sûr qu'on n'arrivera à rien. On va franchir les étapes une à une», a-t-elle ajouté à son arrivée devant l'édifice à Québec où se déroulaient les négociations.

Les droits de scolarité au centre de la discussion

Les étudiants ont insisté sur le fait que la discussion devait nécessairement porter sur les droits de scolarité, à l'origine du litige qui dure depuis février, ainsi que sur la loi spéciale controversée destinée à mettre fin au mouvement de contestation.

Si Michelle Courchesne «refuse d'aborder les frais de scolarité et la loi 78, c'est sûr qu'on peut sérieusement douter du temps qu'on va passer autour de la table», a dit Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Classe, le plus radical des syndicats étudiants.

Cette loi qui limite le droit de manifester déchire la société québécoise, et depuis son adoption il y a dix jours, des milliers de Québécois descendent dans la rue tous les soirs avec des casseroles pour protester contre le gouvernement libéral (centre-droit) du Premier ministre Jean Charest, au pouvoir depuis neuf ans.

Retrait peu probable de la loi 78

«On est ici pour négocier, pour trouver une solution à cette crise, pour aborder les droits de scolarité», a déclaré pour sa part Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (Fecq), le plus modéré des dirigeants étudiants. Concernant les droits de scolarité, la ministre Michelle Courchesne devrait «mettre quelque chose sur la table», assurait lundi le quotidien La Presse, citant des sources proches de la négociation.

Le gouvernement, qui a déjà accepté d'étaler sur sept ans au lieu de cinq ans initialement la hausse des droits de scolarité, n'aurait cependant pas l'intention de repousser d'un an son entrée en vigueur, prévue à l'automne, comme l'avait réclamé les étudiants. Les droits de scolarité doivent augmenter de 1.780 dollars sur sept ans (environ 254 dollars/an) pour atteindre près de 4.000 dollars par année, plus près de la moyenne nord-américaine.

Concernant la loi spéciale, il apparaissait aussi peu probable que le Premier ministre Charest accepte son retrait, d'autant que certains aspects - dont la suspension du semestre dans les établissements en grève jusqu'à la mi-août - recueillent un fort soutien dans la population. Le quotidien Le Devoir suggérait lundi au gouvernement de «surseoir à la portion odieuse de sa loi 78, qui concerne les droits de manifester et d'association» et qui n'est pour l'instant pas appliquée.

Avec AFP
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