Nouveau concert de casseroles à Montréal pour faire plier le gouvernement

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Publié le 27 mai 2012.

QUEBEC - Une dizaine de milliers de personnes ont participé à cette 33ème manifestation nocturne depuis le début du confit, il y a plus de trois mois, qui oppose les étudiants au gouvernement sur la hausse des droits de scolarité...

Dans le vacarme assourdissant de milliers de casseroles, cornes de brume, sifflets et autres instruments similaires, une dizaine de milliers de manifestants, à pied, à vélo, en planche à roulette ou à rollers, ont traversé Montréal samedi soir d'ouest en est . Certains portaient des drapeaux québécois à fleur de lys, d'autres des drapeaux rouges, d'autres encore des pancartes dénonçant la loi spéciale adoptée il y a une semaine pour limiter le droit de manifester.

>>Retour en photos sur le «printemps érable»

>>Au centième jour de manifestations, la tension redescend (Lire le reportage de notre correspond au Canada)

Manif’ dans le plus simple appareil

Au milieu de cette foule bruyante et souriante, on voyait des gens en costume de clown affublés de nez rouge, un homme déguisé en panda géant ou encore une jeune femme dans le plus simple appareil pédalant sereinement sur un vélo tirant une remorque chevauchée par une camarade elle aussi entièrement nue.

Une petite escorte policière suivait derrière à cheval, à vélo et en voiture, les feux tournants des véhicules et les éclairs lancés par les lampes à led des vélos donnant à la marche un petit air de discothèque ambulante, d'autant que le niveau sonore était à la hauteur correspondante. D'autres manifestations plus petites, accompagnées de concerts de casseroles et de klaxons des automobilistes de passage, se sont déroulées dans plusieurs quartiers de Montréal.

Si les étudiants formaient le gros du bataillon, des personnes âgées étaient venues nombreuses et faisaient preuve de créativité dans leur manière de manifester.

«On s'en casserole»

«J'ai 71 ans, j'étais allé faire mes études à Paris juste après Mai 68», déclarait Guytay Tremblay, professeur d'art aux cheveux blancs, déguisé en Statue de la Liberté flamboyante et portant une pancarte annonçant que «La démocratie au Québec est en jeu». Les jeunes marcheurs scandaient «La loi spéciale, on s'en calisse» (on s'en fiche) ou, variante récente, «on s'en casserole».

Mais beaucoup de manifestants disaient que la loi spéciale n'était qu'une raison parmi d'autres de leur présence. «Cela fait des mois qu'on entend parler de différents scandales, de corruption, les gens écoutent cela à la télévision mais ils se sentent impuissants. Je pense que les étudiants ont incité les gens à sortir dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol face à la corruption politique», expliquait Jocelyne Simard, professeure de philosophie à la retraite.

Cette 33e marche nocturne a été d'emblée déclarée illégale par la police, qui n'avait pas été informée de son itinéraire. Mais elle a pu se dérouler sans incident et l'unique arrestation opérée a été celle d'un conducteur irascible qui, ne supportant pas d'être bloqué par les manifestants, a démarré en traînant l'un d'entre eux sur une centaine de mètres, a indiqué la police. Il a été arrêté, mais le manifestant heurté n'a pas été blessé et n'a pas porté plainte.

Des manifestations similaires se sont déroulées à Québec, à Trois-Rivières et dans plusieurs autres villes de la province francophone.

 

 

M.B. avec AFP
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